2 jours aux Internationaux de Strasbourg

Roland Garros bat son plein. Mais cette année j’ai dû faire une croix sur une escapade à Paris pour cette occasion. Alors je regarde le plus de matchs possible à la télé (faut pas déconner !) et je me suis offert 2 jours aux Internationaux de Strasbourg, le tournoi féminin qui fait figure de répétition générale pour les joueuses avant la session parisienne. Cette année l’affiche était alléchante : 12 des 50 meilleures joueuses mondiales étaient dans le tableau.

J’avais pris des billets pour les 1/4 de finale qui se sont joués le jeudi de l’Ascension (vive les jours fériés !) et pour la finale qui a été disputée le samedi, sous un soleil généreux, voire plus !

La journée de jeudi a démarré par un beau match entre l’Espagnole Carla Suarez Navarro et la musculeuse Australienne Samantha Stosur que j’avais déjà vu jouer ici, en 2015 et qui s’est imposée grâce à son jeu tout en puissance. Et puis on a pu admirer les coups offensifs de Daria Gavrilova, une autre Australienne, face à Ashleigh Barty, australienne elle aussi ! Ces deux matchs ont été spectaculaires et très disputés. Le match 100 % australien s’est disputé en 3 sets, avec un suspens maximal, pour mon plus grand plaisir. C’est finalement la blonde qui s’est imposée, grâce à une incroyable et admirable combativité.

Les deux matchs suivants ont été beaucoup moins intéressants, et particulièrement celui entre Kristyna Pliskova et Caroline Garcia. La confrontation n’a été qu’une suite de fautes et une absence d’engagement. Et c’était bien dommage pour les spectateurs (chauvins) qui avaient attendu le début de ce match pour arriver au stade… La Française l’a finalement emporté mais le tennis féminin n’est pas sorti grandi de cette partie… Et pour finir, le dernier 1/4 de finale a opposé l’Américaine Shelby Rogers à la Chinoise Shuai Peng qui a un jeu un peu atypique, avec son coup droit et son revers à deux mains et qui a fini par faire mouche ! J’ai trouvé l’Américaine assez nonchalante et trop peu impliquée dans le jeu.

La journée a été intégralement baignée de soleil, ce qui a valu des dégâts sur la peau de nombreux spectateurs. Mais surtout, le beau temps m’a permis de profiter au maximum de ces moments dans les tribunes et de me donner envie de revenir deux jours plus tard, pour la finale !

Le samedi j’étais donc de retour dans le stade. Et cette fois c’était pour l’ultime partie du tournoi. J’aime beaucoup l’ambiance des finales ; il règne une ambiance particulière, il y a une effervescence spécifique et on sent vraiment que le dénouement est proche. Le week end australien a pu continuer puisque la finale était 100 % made in Australia! Je me réjouissais de revoir deux joueuses offensives et combatives et je m’attendais à un jeu intéressant. Le spectacle et le jeu ont été au niveau de mes attentes, pour mon plus grand plaisir. La finale, très disputée, s’est jouée en 3 sets, ce qui est toujours sympa pour le suspens. Samantha Stosur s’est finalement imposée, comme en 2015. La plus expérimentée des joueuses a su gagner les points importants et dépasser le stress. Elle a fait preuve d’une plus grands maîtrise que son adversaire, aux moments opportuns. Quel talent !

Je suis ravie de mon week end dans les tribunes d’un tournoi auquel je peux assister très facilement puisqu’il se joue à côté de chez moi et auquel je peux me rendre en tram, dans l’état d’esprit de cette compétition qui se veut éco-responsable. Ou comment joindre l’utile et l’agréable.

Décidément, le tennis est vraiment un sport parfait !

Un après-midi au musée Unterlinden de Colmar

J’étais allée au musée Unterlinden il y a quelques années. Depuis lors il a été agrandi et j’avais très envie de découvrir sa nouvelle extension consacrée aux oeuvres contemporaines.

Le couvent du 13è siècle, que je connaissais déjà, donc, abrite des pièces archéologiques et des oeuvres du Moyen-Age et de la Renaissance dont le fameux Retable d’Issenheim qui attire des visiteurs du monde entier. Cette pièce est un peu La Joconde de l’Alsace !

On peut également voir des créations de la période de la guerre de Trente Ans (ébénisterie, travail du métal, peinture sous verre et art populaire alsacien) qui plongent le visiteur dans divers aspects de la vie quotidienne.

Revoir certaines oeuvres dont la mosaïque de Bergheim ou encore des céramiques et des bijoux dans la partie archéologie du musée m’a fait plaisir, certes, mais mon réel intérêt était pour les artistes contemporains. On ne se refait pas !

Les oeuvres des 19è et 20è siècles ont récemment fait leur entrée au musée Unterlinden. Il s’agit de peintures, sculptures, photographies, dessins et gravures. On peut désormais admirer des oeuvres de Monet, de Staël, Picasso, Dubuffet, Renoir et de bien d’autres artistes à la renommée mondiale. J’ai particulièrement aimé l’art abstrait dont la section mériterait toutefois d’être étoffée.

J’ai également apprécié la rénovation du musée qui mise sur la sobriété mais j’ai déploré un fléchage confus et le manque d’information sur les oeuvres. Seul le Retable semble mériter des explications approfondies…

En résumé je suis mitigée. Je pense que le musée a encore quelques efforts à faire s’il veut atteindre son objectif et doubler sa fréquentation annuelle. Même la boutique m’a laissée sur ma faim, c’est dire…

Tenue correcte exigée

J’ai vu cette expo en… février. Il était temps que je vous en parle !

L’année dernière j’avais apprécié l’exposition Fashion Forward et cet hiver, en toute logique, j’avais envie de poursuivre l’exploration des tendances vestimentaires et de l’histoire de la mode. L’exposition Tenue correcte exigée était parfaite pour ça.

Elle vise à montrer comment la mode a évolué, du 14è siècle à nos jours et ce à la faveur de scandales provoqués par ceux qui souhaitaient échapper au code vestimentaire de leur époque, de leur rang ou de leur sexe.

L’expo essaie de répondre à la question suivante : comment doit-on s’habiller ? Il est évident que le vêtement a une dimension politique, culturelle, sociale ou encore religieuse. Et il est lié au péché originel et se doit, de ce fait, d’être sobre. La discrétion vestimentaire a longtemps été considérée comme la preuve de la maîtrise de soi ! On s’habille pour soi, certes, mais aussi pour les autres.

L’expo montre que savoir adapter sa garde-robe aux différentes activités de la journée et de la vie sociale est une marque d’éducation et de distinction. Ceci explique pourquoi de tout temps, la mode a séduit et agacé. Elle bouleverse en effet les habitudes et de surcroit elle nous interroge et nous perturbe car être singulier est jugé comme immoral. Toujours cette histoire de péché originel…!

J’ai beaucoup apprécié les modèles exposés qui illustrent les « thèmes » abordés : le christianisme face au vêtement, le pantalon féminin, la capuche et le vêtement trop ample. Ca a été l’occasion de confronter les lois du bon goût à la créativité et à l’audace qui ont toujours fait évoluer les sociétés occidentales. Et il est intéressant de voir à quel point le regard des gens a changé sur les vêtements jugés subversifs et qui sont finalement entrés dans la garde-robe la plus largement admise.

Vive la mode ! Et vive Paris ! Balzac a dit « L’être qui ne vient pas souvent à Paris ne sera jamais complètement élégant. » J’adore !

Ma (petite) revue ciné d’avril (avec un peu de retard)

Au mois d’avril j’ai vu 2 films dont les héros sont des héroïnes.

Tout d’abord, j’ai vu Corporate de Nicolas Silhol, pas vraiment le film idéal pour moi qui ai été licenciée de manière plus qu’expéditive il y a quelques mois…! Le sujet est en effet la violence au travail, la pression subie et exercée à tous les niveaux hiérarchiques d’une entreprise, le burn out. Corporate c’est l’histoire d’Emilie, responsable RH qui, suite à un suicide survenu dans sa société, est soumise à une enquête de l’inspection du travail et à la pression de ses supérieurs qui lui intiment l’ordre de rester corporate quoi qu’il arrive. Le film montre la manipulation, la jubilation de ceux qui dominent et le management par la terreur. Il montre aussi comment on peut devenir victime d’un système qu’on sert avec fierté et froideur d’abord puis avec dégoût, lorsqu’un drame se produit et qu’on a un reste d’humanité. Car le film porte tout de même un espoir. Il montre une prise de conscience, l’envie de changer de cette responsable qui, après avoir mis sa carrière au-dessus de tout redevient humaine et se détourne de la malveillance et du profit à tout prix. Ce thriller psychologique m’a tenue en haleine de la première à la dernière scène et ne m’a pas découragée dans ma recherche d’emploi ! Je vous le recommande.

Et puis j’ai vu The young lady de William Oldroyd. Il s’agit de l’histoire de Katherine, une jeune femme mariée avec un homme beaucoup plus âgé qu’elle qui lui interdit de sortir de chez elle et lui impose ainsi la seule compagnie de son beau-père et de ses domestiques. Mais Katherine aspire à une autre vie, à la passion qu’elle va vivre avec un employé de son mari. Elle s’émancipe ainsi du pouvoir de ce dernier et prend le contrôle de sa vie et de son corps, passant de l’oppression au crime. C’est le prix qu’elle doit payer pour épancher sa soif de liberté et d’épanouissement quand sa relation adultère est découverte par le mari trompé. Mais c’est aussi le début d’une suite de crimes « nécessaires », la mise en route d’une mécanique inexorable et glaçante qui met le spectateur en face de scènes insoutenables révélant une immense perversité. Je suis sortie de la séance assez perturbée, partagée entre l’empathie pour cette femme prisonnière de son mari et le dégoût face à l’escalade de la violence. C’est un film dérangeant mais intéressant car il nous interroge sur nos propres limites, celles qu’on s’impose en plus de celles qui nous sont imposées par les autres.

Avez-vous vu ces films ? Lesquels avez-vous aimés dernièrement ?

Les cosmonautes ne font que passer d’Elitza Gueorguieva

L’héroïne de ce roman est une fillette dont on ne connaîtra jamais l’identité. On la suit de ses 7 ans à ses 14 ans, alors que son pays, la Bulgarie, passe de la dictature au post-communisme. Elle admire Iouri Gagarine et rêve de devenir cosmonaute, comme en avait rêvé son grand-père avant elle. Mais bien vite elle s’aperçoit que les destins glorieux sont réservés aux garçons et elle pense que ses propres parents sont responsables d’un complot pour qu’elle ne réalise pas son rêve ; rêve qui change lorsque la transition démocratique a lieu et que de nouveaux modèles émergent. C’est alors qu’elle découvre et admire Kurt Cobain et décide de devenir rockeuse. Elle ne peut plus admirer Iouri Gagarine car il est soviétique et communiste. Et bientôt elle ne pourra plus admirer Kurt Cobain non plus, puisqu’il est mort. Elle remarque petit à petit que rien n’est vraiment vrai, réalise que le Père Noël n’existe pas… et qu’elle grandit…

J’ai lu ce roman en quelques jours à peine, non pas parce que j’ai été happée par l’histoire mais parce que je voulais la terminer au plus vite. Le style très simple ne m’a pas vraiment emballée et c’est bien dommage parce qu’un roman qui mêle la chute du Mur et la naïveté, l’univers intérieur de l’enfance et les bouleversements de l’Histoire, et notamment celle de l’ex-bloc communiste avait tout pour me plaire. Mais quelque chose n’a pas fonctionné…

Ce que dit la 4è de couverture : « Ton grand-père est communiste. Un vrai, te dit-on plusieurs fois et tu comprends qu’il y en a aussi des faux. C’est comme avec les Barbie et les baskets Nike, qu’on peut trouver en vrai uniquement si on possède des relations de très haut niveau. Les tiennes sont fausses… »

A l’écoute d’un candidat à la présidentielle

Benoît Hamon était de passage à Strasbourg il y a quelques jours. J’ai profité de cette occasion pour en savoir un peu plus sur ses propositions.

En fait Benoît Hamon était là pour présenter son livre (que je n’ai pas lu) et non pas son programme. Mais je pense que l’un n’est pas très éloigné de l’autre. L’échange a démarré sur la première phrase du livre : « Quelque chose a changé » qui fait notamment référence au changement climatique et à l’envie qu’expriment les Français pour une nouvelle démocratie dans laquelle ils seraient partie prenante, tout au long du quinquennat.

Benoît Hamon a présenté sa vision de la société et du monde, une vision où l’humain occupe une place importante. Ainsi, il voit dans la révolution numérique la perspective de travailler moins et de tourner le dos au consumérisme et au productivisme à tout va. Il pense aussi qu’il faut mettre en place des politiques qui font du bien, et en particulier dans le domaine de la santé. Il souhaite par exemple créer une culture de sport-santé alors qu’aujourd’hui la santé n’est abordée que par le biais de… la maladie ! Bien d’autres thèmes ont été abordés (solidarité, Europe, politique extérieure, etc…) et toujours avec cette approche humaniste.

Benoît Hamon ne se considère pas comme un homme providentiel, souhaite faire respirer la démocratie et regrette la défaite de la pensée et de l’éthique. Des aspects qui le font paraître proche des gens, en phase avec leur quotidien. Mais qui lui valent également la critique selon laquelle sa vision est belle mais irréaliste.

J’ai aimé sa volonté d’avoir de grandes ambitions plutôt que de menacer ses adversaires. Un peu de bienveillance dans cette campagne présidentielle qui sent mauvais, ça fait du bien !