Ma (toute petite) revue ciné de juin

L’affiche du mois de juin ne m’a pas beaucoup emballée mais j’ai quand même réussi à débusquer un film à mon goût !

J’ai vu Ce qui nous lie de Cédric Klapisch, un film qui nous emmène dans le vignoble bourguignon que Jean a quitté, ainsi que sa famille, 10 ans plus tôt, pour faire le tour du monde… et peut-être aussi fuir les siens. Jean revient à l’annonce du décès imminent de son père et retrouve sa soeur et son frère mais aussi son terroir et les vignes dont sa famille s’occupe au fil des saisons et des années. Vendre ou ne pas vendre le domaine, telle est la question à laquelle le trio qui n’a pas vraiment les moyens de payer les droits de succession doit répondre. Ce film aborde de nombreux thèmes tels que l’émancipation individuelle, la transmission et le poids de la famille à l’aune du temps qui passe. Le parallèle entre l’évolution de la famille et la maturation du vin donne à ce film un côté authentique qui m’a plu même si je n’ai pas complètement adhéré à son aspect documentaire qui enlève une part indéniable de poésie à l’ambiance générale.

Avez-vous vu ce film ? Ou un autre que vous me conseilleriez ?

Désorientale de Négar Djavadi

Après le roman lu en plus de 2 mois en voici un que j’ai lu en moins d’une semaine !

Kimiâ patiente dans la salle d’attente d’un hôpital parisien et profite de ce temps pour se remémorer son histoire et celle de sa famille, sur 3 générations. Elle se souvient des activités clandestines de ses parents, des sympathisants communistes qui ont combattu le régime du Shah et sa loi martiale et le régime des ayatollahs. Elle se souvient aussi de sa fuite (avec sa mère et ses soeurs) pour rejoindre son père réfugié à Paris et de son statut d’étrangère et d’exilée. Et puis elle pense à ses grands-parents, et particulièrement à sa grand-mère qui est décédée le jour de sa naissance, alors que la famille s’attendait à accueillir un garçon. L’héroïne nous raconte son enfance, une période de sa vie qu’elle a adorée. On découvre une vie intellectuelle baignée dans l’admiration de la France, notamment pour sa liberté d’expression. Et l’importance de la maternité, de la famille mais aussi de la vie individuelle dans un pays, l’Iran, où les gens n’aiment pas la solitude et le silence.

J’ai littéralement dévoré ces pages qui m’ont fait voyager, du Moyen-Orient à Paris en passant par Bruxelles, Berlin, Amsterdam et Londres. Le roman aborde de nombreux thèmes dont l’homosexualité, la place du père, le choc des cultures et surtout la liberté de vivre, de penser, d’aimer. J’ai particulièrement aimé le rythme de l’histoire où se mêlent le passé et le présent, inscrivant la trajectoire de l’héroïne dans une destinée qui la dépasse et dont elle est pourtant un personnage à part entière.

Ce que dit la 4è de couverture : « Si nous étions en Iran, cette salle d’attente d’hôpital ressemblerait à un caravansérail, songe Kimiâ. Un joyeux foutoir où s’enchaîneraient bavardages, confidences et anecdotes en cascade. Née à Téhéran, exilée à Paris depuis ses dix ans, Kimiâ a toujours essayé de tenir à distance son pays, sa culture, sa famille. Mais les djinns échappés du passé la rattrapent pour faire défiler l’étourdissant diaporama de l’histoire des Sadr sur trois générations : les tribulations des ancêtres, une décennie de révolution politique, les chemins de traverse de l’adolescence, l’ivresse du rock, le sourire voyou d’une bassiste blonde… Une fresque flamboyante sur la mémoire et l’identité ; un grand roman sur l’Iran d’hier et la France d’aujourd’hui. »

Ma revue ciné de janvier

Janvier a été propice à la fréquentation des salles de cinéma. Y a pas à dire, c’est chouette l’hiver !

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J’ai vu Manchester by the Sea, un film de Kenneth Lonergan. Il s’agit d’une histoire de famille. Chandler est confronté au décès de son frère qui avait décidé, avant de mourir, de mettre son fils sous la tutelle de son oncle. L’homme et l’adolescent ont bien du mal à s’apprivoiser. Les circonstances font remonter à la surface des souvenirs douloureux qui, ajoutés au deuil, ne facilitent pas la cohabitation de l’homme qui ne veut pas de ce lourd héritage et de son neveu qui voudrait poursuivre sa vie, comme avant. C’est un film réaliste et sobre dont les personnages s’aiment sans savoir ou oser se le dire et qui apprennent qu’on n’échappe pas au passé… Mais c’est aussi un film qui montre la beauté de la vie et des moments simples de partage qu’il faut s’autoriser à vivre, en essayant d’oublier sa culpabilité.

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J’ai continué avec The fits, d’Anna Rose Holmer. Toni est renfermée et s’entraîne dans la même salle de boxe que son frère. Un jour elle est attirée par la danse et le groupe de filles, The Lionesses, qui la pratiquent dans une autre salle, non loin de là. Au cours des entraînements les danseuses sont une à une touchées par des crises de convulsions, crises qui effraient et fascinent l’adolescente. J’ai aimé ce film (j’aime les films de danse) pour ses dialogues minimalistes, sa musique et la métaphore de l’émancipation qu’il propose. L’opposition du contrôle et de l’abandon est tout à fait intéressante, ainsi que la vision de l’apprentissage de la féminité.

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Et puis j’ai vu Corniche Kennedy de Dominique Cabrera. C’est l’histoire de Suzanne, bien née, qui va passer son bac et qui observe de sa belle villa un groupe d’adolescents des quartiers nord de Marseille qui défient le danger en plongeant du haut de la Corniche Kennedy. Suzanne a envie de faire partie de ce groupe, de connaître le frisson, celui du plongeon et celui de fréquenter des jeunes différents d’elle. Elle a aussi envie de vaincre sa peur et son vertige. Elle y parviendra grâce à d’autres, à ceux dont la vie est remplie par le vide et le déclassement. J’ai aimé ce film sensuel et débordant d’énergie qui illustre à merveille la fureur de vivre et d’aimer.

Pour résumer, j’ai fait une très bonne pioche cinématographique en janvier et je vous recommande vivement ces 3 excellents films. Et vous, qu’avez-vous vu d’intéressant dernièrement ?

Les nouvelles poulettes

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Je fais partie d’une famille de filles. Et parmi mes amis et connaissances il y a pas mal de filles aussi.

Les deux petites dernières arrivées sont joliment prénommées Clémentine et Louise. L’une est aussi rousse que l’autres est brune. Les deux sont craquantes et si fragiles. Si précieuses.

Je les aime déjà et je compte sur elles pour faire vivre à leur manière le girl power ! Toujours !

Le pacte du silence de Martine Delomme

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Elisabeth est à la tête des Porcelaines Astier, une manufacture florissante de Limoges. Elle dirige l’entreprise avec assurance, secondée par son directeur adjoint et Louis, son fils. Elle maîtrise sa vie jusqu’au jour où elle doit faire face à une réalité enfouie depuis de longues années et qui remonte à la surface. Un secret de famille. Elisabeth engage un détective privé pour élucider les mystères qui entourent la disparition de son mari. L’enquête la mènera bien au-delà des ses « espérances »…

Ce roman riche en rebondissements aborde de nombreux sujets tels que la duplicité, l’amour, les relations familiales plus ou moins harmonieuses, la culpabilité, la dissimulation, etc…

J’ai lu ce livre très rapidement, happée par l’intrigue mais je dois dire que j’ai parfois été mal à l’aise. Certaines réalités pas franchement jolies m’ont fait penser à certaines situations que je connais, dans mon entourage plus ou moins proche. J’ai trouvé que les aspects les moins reluisants des personnages prennent trop le pas sur les sentiments positifs et ce qui fait la beauté d’une personne… Bref, ce roman ne m’a pas fait rêver et je ne suis pas forcément dans une phase où ce genre de livre peut vraiment me plaire.

Ce que dit la 4è de couverture : « Un secret du passé rattrape Elisabeth, la brillante directrice des porcelaines Astier. Sa vie s’apprête à voler en éclats. A Limoges, en pleine fête réunissant famille, amis et partenaires de la prestigieuse manufacture des porcelaines Astier, une indiscrétion révèle le secret qu’Elisabeth cachait depuis vingt-quatre ans : son ex-mari François n’a pas disparu à cette époque, il a été jeté en prison… Confrontée par son fils Louis, Elisabeth lui promet de retrouver ce père dont elle a perdu la trace. Quel crime François a-t-il commis ? Pourquoi n’a-t-il jamais cherché à revoir les siens ? Alors qu’Elisabeth tente d’apporter des réponses à son fils, elle va découvrir l’ampleur des mensonges et des manipulations dont elle n’a cessé d’être l’objet. »

Ma revue ciné de janvier

Je vous parle aujourd’hui de 3 films mais je triche un peu… en réalité je ne suis allée au cinéma que 2 fois en janvier.

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J’ai vu Joy de David O. Russell le 31 décembre et je n’ai donc pas eu le temps de vous en parler le mois dernier. Joy relate l’histoire vraie d’une femme bien décidée à réussir dans la vie et à faire fortune en commercialisant un balai-serpillère révolutionnaire ! Joy a grandi et continue d’évoluer dans une famille complètement allumée dont tous les membres sont farfelus et souvent à bout de nerfs. Aucun obstacle ne sera épargné à l’héroïne sur la route de la gloire mais elle parviendra à ses fins malgré le vol de son invention, les difficultés financières et une émission de télé-achat calamiteuse ! J’ai aimé l’ambiance de ce film, les décors, les costumes, les personnages bien construits avec leur caractère fort et déjanté. Alors oui, Joy est un feel good movie, mais avec du fond aussi. En somme ce film était parfait pour terminer l’année 2015 de manière agréable !

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J’ai vu Le nouveau de Rudi Rosenberg, une comédie gentillette qui ne restera pas gravée dans ma mémoire. C’est l’histoire de Benoit, un collégien qui arrive dans un établissement scolaire en cours d’année et qui souhaite intégrer le groupe des élèves populaires, ceux qui ont l’air sûrs d’eux. Mais la réalité est toute autre. Seuls les ringards et Joanna, une jolie suédoise qui finira par se rapprocher des populaires, daignent fréquenter le nouveau venu… Benoit tentera de se faire aimer, de plaire à ceux qui plaisent. Sans y parvenir. Mais il se rendra compte que là n’est pas l’essentiel. Le film met l’accent sur l’absence d’empathie qui caractérise l’adolescence, sur le manque de confiance en soi et la construction d’une amitié durable. Autant de thèmes intéressants mais je n’ai pas été touchée par ce film…

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J’ai vu Carol de Todd Haynes dont l’action se situe à New York dans les années 50. Il s’agit d’un coup de foudre entre deux femmes, l’une jeune et peu affirmée et l’autre plus âgée, distinguée, et en instance de divorce. Thérèse et Carol sont attirées dès le premier regard, leur désir se manifeste instantanément sans pouvoir s’exprimer dans une société où règnent les conventions et le politiquement correct, où les sentiments répondent à des fonctions sociales, rien de plus. Carol est un film lent et élégant qui nous emporte dans l’absolu des sentiments. L’homosexualité est surtout suggérée, rendant ce film partagé entre la sensualité et la chasteté assez troublant. J’ai passé un bon moment, j’ai apprécié le rythme et la subtilité de ce film et l’opposition physique (la brune et la blonde) et sociale (l’employée et la bourgeoise) des deux héroïnes.