Ma (petite) revue ciné de septembre (avec un peu de retard)

Septembre est passé à la vitesse de l’éclair mais j’ai tout de même trouvé le temps d’aller au cinéma (le mois dernier… eh oui, déjà).

J’ai vu Le prix de succès de Teddy Lussi-Modeste. C’est l’histoire de Brahim, un humoriste en pleine ascension qui a rencontré le succès avec l’aide de son frère qui lui a servi d’impresario, de chauffeur, de garde du corps, de manager. Mais si Brahim veut donner une nouvelle dimension à sa carrière il doit s’éloigner de ce frère trop souvent incontrôlable et travailler avec un « vrai » agent. Mourad, le grand frère, n’accepte pas ce virage et s’en prend à la compagne de Brahim, à Brahim lui-même et conforte son image d’homme qui ne sait pas dialoguer, si ce n’est avec les poings… Et puis Brahim doit mettre à distance sa famille qui empiète trop sur son évolution personnelle et professionnelle. Le film aborde les inconvénients de la notoriété, l’intégration des enfants d’immigrés, le poids de la famille et oppose l’humour de la scène à la tragédie familiale qui se joue en coulisse. Il fait aussi le portrait de personnalités complexes et complexées par leur milieu social. J’ai aimé ce film mais ça n’est pas le chef d’oeuvre de l’année. Il faut dire que j’en attendais beaucoup, voire trop, premier rôle tenu par Tahar Rahim oblige !

Et puis j’ai vu Les proies de Sofia Coppola. C’est une histoire de femmes dont l’intrigue se situe pendant la guerre de Sécession. Une petite communauté de femmes vit dans un internat de jeunes filles et recueille un soldat blessé (et du camp adverse), lui offrant un toit et lui prodiguant des soins. La présence d’un homme dans cet univers féminin crée des tensions et des rivalités qui vont finalement mener à l’irréparable. J’ai adoré ce film à l’ambiance faussement angélique où les tabous et la bonne éducation volent en éclats et où le machiavélisme règne. Les jeux de pouvoir sont très bien retranscrits et au fil du temps on se rend compte que les proies ne sont pas forcément celles qu’on croit. Un très bon film, assurément !

Ma (petite) revue ciné de septembre (et oui, on est en octobre, je suis à la bourre)

En septembre les bons films étaient de retour à l’affiche, enfin !

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Le mois dernier j’ai vu Youth de Paolo Sorrentino. On entre dans ce film comme dans un rêve. Il y est question d’amitié, de la fuite du temps, de l’amour d’un père pour sa fille et.. de prostate ! Le tout est empreint d’une jolie poésie et d’un doux cynisme. J’ai aimé le contraste des décors sages des Alpes suisses et le propos provocant et ironique de deux amis magistralement interprétés par Michael Caine et Harvey Keitel. Youth est un film nostalgique et sans action qui met le doigt sur les « valeurs » de notre époque que sont la frivolité, la vanité et la consommation. Les personnages aux traits physiques et psychologiques marqués et le contraste de la vision d’un corps parfait et d’autres, vieillissants mais non moins charnels, font de ce film une fable bien attachante.

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Much loved de Nabil Ayouch se déroule à Marrakech, dans le milieu de la prostitution. C’est l’histoire de 4 femmes à la fois tolérées et condamnées. Elles se vendent à de riches Saoudiens, se refusent aux Français considérés comme des néocolonialistes, sont abusées par des policiers véreux et rejetées par leurs familles. C’est aussi l’histoire d’une solidarité, d’une complicité, de rêve d’ailleurs, de femmes d’aujourd’hui qui mènent leur barque dans une société dépassée (révolue ?). Ces femmes, au-delà de leur métier, sont émancipées et volontaires dans leur démarche. Et désabusées aussi. Elles ne sont finalement que les princesses d’une nuit et victimes de l’hypocrisie sociale. Les violences physique et émotionnelle sont montrées sans fard mais également sans voyeurisme et cet équilibre confère une sensibilité touchante à ce film dont on sort sans avoir ni envie ni besoin de dire où est le bien et où est le mal. Une belle réussite, in my opinion!