La grâce face à l’horreur

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Quelques jours après les attentats du 13 novembre j’ai passé une douce soirée à l’Opéra National du Rhin, histoire de mettre un peu de grâce et de légèreté dans une ambiance générale tendue, voire anxiogène.

Le sacre du printemps de Stravinsky est une oeuvre qui avait été jugée sulfureuse lors de sa création en 1913. Cet aspect est presque exagérément mis en lumière par la chorégraphie de Stephan Thoss. Les corps des danseurs sont en effet particulièrement exposés et ce sur une musique qui va crescendo, répétitive et lancinante, rendant les tableaux quasi hypnotiques.

Les costumes extrêmement sobres et les décors en acier, froids, ajoutent une touche d’animalité (ou de brutalité ?) aux corps et aux gestes. Bref, l’effet sur le spectateur est fort, très fort !

J’ai beaucoup aimé les chorégraphies de groupe, un peu moins les passages en solo ou en duo. Sans vraiment savoir pourquoi. Mais globalement ce ballet a confirmé mon admiration pour les danseurs, ces artistes si humbles et à la maîtrise de leur corps si parfaite. Et qui méritent amplement les salves d’applaudissements auxquels ils ont eu droit.

Grâce et sensualité

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Je vais rarement à l’opéra et c’est bien dommage car à chaque fois que j’assiste à un spectacle c’est un vrai plaisir. Cette fois j’ai été attirée par le nom en haut de l’affiche, à savoir Benjamin Millepied, mais si vous savez, le danseur et chorégraphe qui a travaillé sur Black Swan et qui a rencontré sa femme, l’actrice Natalie Portman, à cette occasion. Bref.

Without est une suite de 15 morceaux alliant classicisme et modernité. Cinq couples qui se forment et se déforment se partagent la scène. La couleur des costumes relie l’homme et la femme jusqu’à la fin, quand une femme se retrouve seule, abandonnée. J’ai trouvé ce spectacle trop long, il ne m’a pas emballée. La mise en scène était peu intéressante et les costumes simplistes…

Gemini, le spectacle suivant, allie la danse à la prouesse athlétique. Les justaucorps des danseurs nous plongent dans l’univers de la gymnastique mais les codes de la danse sont bel et bien là, le travail de pointes étant tout à fait remarquable. J’ai été impressionnée par la fluidité et la légèreté des mouvements malgré les difficultés techniques évidentes. Les danseurs ont beaucoup transpiré, nous rappelant qu’ils sont de grands sportifs même si tous leurs efforts sont sublimés par la grâce et la maîtrise. J’ajoute que la mise en scène était super, agrémentée par de la vidéo graphique. J’adore !

Pour finir, Untouched nous emmène dans un univers étrange, presqu’animal. Les danseurs évoluent partiellement derrière un rideau, émettent des sons, claquent des mains. J’ai aimé cette mise en scène simple mais néanmoins originale ainsi que les costumes qui magnifient les mouvements des danseurs, révélant une immense volupté.

A l’issue de ces 2 heures de spectacle mis en scène par 3 chorégraphes différents (bonne idée !), les danseurs ont été très applaudis et ce n’est que justice car il nous ont procuré de belles émotions et nous ont littéralement ravis par leur talent et leur passion. Bravo à eux !