Directs du droit d’Eric Dupond-Moretti et Stéphane Durand-Souffland

Je suis dans une phase intense de lecture et j’adore ça ! Et, une fois n’est pas coutume, je ne me suis pas plongée dans un roman, parce qu’il faut savoir varier les plaisirs !

Dans son livre-témoignage, Eric Dupond-Moretti se place du côté de l’accusé, de celui qu’il défend et s’attache à montrer quel est son rôle, quelles sont les armes dont il dispose et quels sont les obstacles qu’il rencontre dans l’exercice de son métier. Il décrit une tendance de la magistrature à déplacer les débats vers le champ compassionnel et moral et à « préférer » les victimes qu’on magnifie aux accusés, transformant la justice pénale en instrument de vengeance alors que la véritable fonction de la peine est de protéger la société, de punir le coupable et de permettre sa réinsertion. L’avocat regrette le durcissement des lois, la dérive sécuritaire et justifie sa défense vigoureuse pour obtenir des décisions justes. Il dit qu’on ne peut pas se contenter de certitudes ou de raisonnements à charge. L’aspect humain est essentiel pour lui ; il redonne de l’humanité à l’accusé qu’on livre aux jurés et cherche à barrer la route à la haine lors de l’audience. Au rang des armes qu’utilise Eric Dupond-Moretti il y a sa stature, dont il joue. Il compare ses mots à des flèches qui doivent atteindre leur cible. Si tel n’est pas la cas, l’avocat se sent inutile et stupide et peut aller jusqu’à être en colère contre lui-même. Eric Dupond-Moretti expose aussi la réalité des relations entre la magistrature et les avocats. On découvre ici la détestation des magistrats pour le Barreau. On découvre que les juges considèrent les avocats comme des voyous, des complices de leurs clients et de la presse, qu’ils fantasment sur leurs honoraires et même qu’ils jalousent leur liberté !

J’ai aimé ce livre qui lève le voile sur certaines pratiques et bassesses qui ont cours dans le milieu de la justice. Eric Dupond-Moretti montre qu’un bon avocat doit toujours mettre la complexité de l’homme au centre des débats. Une vision humaniste qui explique que ce ténor du Barreau a choisi son métier à l’âge de 15 ans, parce qu’il exécrait la peine de mort.

Ce que dit la 4è de couverture : « Quatre ans après Bête noire, le plus célèbre des avocats pénalistes reprend la plume. Avocats placés sur écoutes ou perquisitionnés au risque de voir dévoilés les dossiers de tous leurs clients, irruption de la morale dans la procédure, pression de certains médias qui jouent les procureurs, Eric Dupond-Moretti dénonce une dérive dangereuse : quand les droits de la défense sont rognés de toute part, la démocratie est en danger. A travers le récit de plusieurs affaires dans lesquelles il est intervenu, pour la plupart inconnues du grand public, il pointe les absurdités et les tricheries de l’institution judiciaire. Est-il normal, au XXIè siècle, qu’un juge d’instruction, pour confondre deux innocents, demande à un expert de sonder l’opinion d’un chien ? Qu’un président d’assises, pour obtenir une condamnation plus lourde, tente de manipuler les jurés pendant le délibéré ? Qu’un homme soit condamné pour tentative d’assassinat alors qu’il peut prouver qu’il ne se trouvait pas en France le jour du crime ? Un livre coup de poing, qui concerne tous les citoyens désireux de savoir comment, aujourd’hui, fonctionne vraiment la justice dans « la patrie des droits de l’homme ». »

Lettre ouverte à l’homme que j’aime

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L’homme que j’aime a décidé (ou pas…? Je ne sais pas, je ne sais plus… et il semblerait qu’il en soit de même de son côté… mouais…) de ne plus me parler. Ou quelque chose dans ce genre. Le fait est qu’on n’a plus rien échangé, ou si peu, depuis des mois. Une éternité quoi. Charmant…

J’ai donc décidé de lui écrire ici ce qu’il n’a pas le temps d’écouter dans la vraie vie…

Cette longue période de flou me pèse.

Je suis circonspecte quant aux raisons et à l’objectif de ton silence.

Je me sens comme la victime collatérale de ta trop lourde charge de travail. Sérieux ?!!! Avril d’abord, puis juin… Et maintenant ?

La distance que tu as mise entre nous a été remarquée ; elle est même sujette à questionnement. J’adore !

Tu m’es précieux. Et tu me manques. Et notre jolie complicité me manque.

Tu as le plus joli petit cul du quartier et aussi le regard noir le plus expressif après celui de mon père ! C’est gentil d’avoir pris le relais !

Mon amour ne faiblit pas. Mon envie de toi non plus. Du coup. Et mon envie de te parler non plus. Parce que les amants se touchent, en principe. Et se parlent.

La douceur de ta peau et ta petite cicatrice me manquent.

Alors voilà, je t’invite quand tu veux et où tu veux (oui, je me répète) à passer un moment avec moi. Même au PMU ! Fais-moi signe, s’il te plait.

Papa

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Il aimait le vélo, se lever tôt, entretenir sa moustache, les randonnées dans les Vosges, les Alpes et les Pyrénées, découvrir la France (mais pas Paris !), le miel, le savon d’Alep, le bon vin, la photo, les romans policiers, regarder les matchs de foot à la télé, le chocolat noir, m’accompagner pour les achats « techniques », prendre soin de son potager, le foie gras, faire la sieste dans un transat, sous le pommier ou sur la terrasse, la ponctualité, sa bouillotte, les éclairs au chocolat, découvrir un nouveau vêtement que je m’étais acheté, le sudoku, le champagne, le bricolage et les outils de qualité, cueillir des cerises, des pommes, des noix, se moquer de mes (trop) nombreuses paires de chaussures, les apéros du lundi soir, faire et déguster de la compote de pommes, rencontrer mes amis, nourrir les oiseaux pendant l’hiver, ses cheveux blancs, raconter les souvenirs de son service militaire, la laine polaire, les glaces vanille-fraise-chocolat, son métier, ses montres et celles qu’il m’a offertes, notre tradition du 24 janvier et tant d’autres choses qui faisaient de lui un homme touchant, sensible et aimant.

Et puis, par-dessus tout, il aimait être mon père.

Il avait arrêté de fumer le jour de ma naissance. Il est mort d’un cancer du poumon… La vie est tellement ironique…

Mélodies pour une amoureuse

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Je suis là, sur mon canapé ou dans mon lit, en vacances, avec mes sentiments et mes désirs. Dehors le ciel est plus ou moins gris mais qu’importe puisque le soleil est dans ma tête et dans mon coeur.

En ces jours de tendre rêverie où je ne pense qu’à une chose, ou plutôt qu’à une seule personne (car non, il n’est pas un homme-objet !) je suis retombée avec délectation dans les créations d’Emilie Simon, la fée des sons distordus, cette fille à la voix et aux gestes si doux, cette belle amoureuse.

J’écoute en boucle tous ses albums et chacun d’entre eux me ramène à Lui, invariablement, inévitablement. La sensualité des notes et de la voix de l’artiste me plonge dans une délicieuse langueur dont j’aimerais ne plus m’extirper, si ce n’est par la douceur des caresses et des baisers de l’homme que j’aime. Ou par la brutalité (toute relative et absolument jouissive !) de ses étreintes.

Cette musique est ma meilleure alliée quand Il n’est pas là. Mais c’est quand même mieux, et ô combien, quand Il est à mes côtés, qu’il me fait rire et sourire, qu’il me dit des bêtises et que je peux me voir dans ses yeux.

Amoureuse, moi ? Vous croyez ?!!