# 13 – Trésor

Voilà ce qu’évoque pour moi le mot « trésor ».

Et par extension, il me fait penser à quelqu’un que j’aime beaucoup. Une femme qui est décédée bien trop tôt, qui portait ce parfum qui lui allait à merveille.

La douceur, la féminité et la culture caractérisaient ma tante chérie, ma tante marseillaise qui était aussi ma marraine et qui m’a apporté plein de belles choses dans ma vie. En fait, c’est ça mon trésor.

Ma revue ciné de janvier

L’année commence bien sur le plan cinématographique. Je crois que rien qu’en janvier j’ai déjà vu plus de bons films qu’en 2017 !

J’ai vu Le grand jeu d’Aaron Sorkin. C’est une plongée dans le milieu du jeu clandestin à Hollywood et plus particulièrement d’un cercle de poker organisé par Molly Bloom qui réunit chaque semaine des stars, de grands patrons et des sportifs en vue. Molly a créé ce club après avoir été licenciée par son employeur qui réunissait lui-même de gros parieurs, parce qu’elle voulait, elle aussi, avoir sa part du gâteau (le ticket d’entrée s’élève tout de même à 250 000 $ !). Mais le métier est dangereux et la « chef d’entreprise » est confrontée au FBI, à la mafia russe et à des joueurs qui craignent pour leur réputation. Mais Molly est tenace, son passé de professionnelle de ski lui a forgé un caractère fort et a tissé un lien particulier avec son père. Ainsi, elle aura le cran de se défendre sans dénoncer personne lors de son procès et elle se montrera tendre avec son père qu’elle retrouvera à cette occasion. J’ai aimé ce film qui relate une histoire vraie à un rythme soutenu. L’intensité des situations est prenante et le rôle de l’héroïne, sensuelle et forte, est magnifiquement interprété par Jessica Chastain qui est parfaite en femme solitaire, intelligente et toujours loyale.

J’ai aussi vu Vers la lumière de Naomi Kawase. Ce film relate les sentiments entre une jeune audio-descriptrice et un photographe dont la vue se détériore. Dans son travail, la jeune femme s’attache à décrire les images et les sentiments avec les mots justes, les plus justes possible afin de transmettre l’émotion au public mal ou non-voyant. Au cours d’une séance de travail, le photographe reproche à la jeune femme de revisiter les situations à sa manière, en s’éloignant du sujet. Mais peu à peu, ces deux personnages se rapprochent, leurs sensibilités respectives se faisant écho. Elle est la parole, lui est la vue qu’elle « remplace » au fur et à mesure de la dégradation oculaire du photographe. En fait, l’un a besoin de l’autre pour exister, et inversement. J’ai énormément aimé ce film à l’atmosphère intimiste et débordant de délicatesse et de poésie. Les mots que j’aime tant sont importants dans cette histoire, tout comme la photographie (que j’ai pratiquée en labo), alors forcément, je me suis plongée avec délice dans cette histoire intime où les éléments du quotidien sont source d’émotion. Et au-delà des mots et des images, j’ai été touchée par le rapport au monde du non-voyant par l’intermédiaire du bruit. Que d’émotions dans ce film que je vous recommande vivement.

Pour finir j’ai vu In the fade de Fatih Akin. Le film est l’histoire d’une femme dont le mari et le fils meurent dans un attentat et qui cherche à se venger de cette ignominie. Il est rapidement établi que l’attentat est de nature raciste et perpétré par un groupe néonazi. Katja, en victime collatérale, oscille entre abattement et résistance. Elle ne se satisfait pas du verdict du procès et se lance à la poursuite des assassins après leur relaxe. Tout au long de sa quête de vérité et de vengeance, elle est tiraillée entre l’envie de tuer et sa morale qui lui interdit de sauter le pas. Devenir une meurtrière à son tour, être contaminée par la même haine qui a mené à la mort son mari et son fils adorés lui est insupportable. J’ai aimé le portrait de cette femme courageuse qui fait face au deuil et à la douleur en toute dignité. J’ai aussi aimé la portée politique de ce film inspiré par le terrorisme dont nos sociétés occidentales sont les cibles, que l’ennemi soit extérieur ou intérieur. Et pour ajouter à mon plaisir, j’ai vu ce film en allemand, en VOST pour être tout à fait exacte.

Avez-vous vu ces films ? Les avez-vous aimés ? Lesquels me conseillez-vous pour poursuivre sur cette belle lancée ?

Ma (petite) revue ciné d’avril (avec un peu de retard)

Au mois d’avril j’ai vu 2 films dont les héros sont des héroïnes.

Tout d’abord, j’ai vu Corporate de Nicolas Silhol, pas vraiment le film idéal pour moi qui ai été licenciée de manière plus qu’expéditive il y a quelques mois…! Le sujet est en effet la violence au travail, la pression subie et exercée à tous les niveaux hiérarchiques d’une entreprise, le burn out. Corporate c’est l’histoire d’Emilie, responsable RH qui, suite à un suicide survenu dans sa société, est soumise à une enquête de l’inspection du travail et à la pression de ses supérieurs qui lui intiment l’ordre de rester corporate quoi qu’il arrive. Le film montre la manipulation, la jubilation de ceux qui dominent et le management par la terreur. Il montre aussi comment on peut devenir victime d’un système qu’on sert avec fierté et froideur d’abord puis avec dégoût, lorsqu’un drame se produit et qu’on a un reste d’humanité. Car le film porte tout de même un espoir. Il montre une prise de conscience, l’envie de changer de cette responsable qui, après avoir mis sa carrière au-dessus de tout redevient humaine et se détourne de la malveillance et du profit à tout prix. Ce thriller psychologique m’a tenue en haleine de la première à la dernière scène et ne m’a pas découragée dans ma recherche d’emploi ! Je vous le recommande.

Et puis j’ai vu The young lady de William Oldroyd. Il s’agit de l’histoire de Katherine, une jeune femme mariée avec un homme beaucoup plus âgé qu’elle qui lui interdit de sortir de chez elle et lui impose ainsi la seule compagnie de son beau-père et de ses domestiques. Mais Katherine aspire à une autre vie, à la passion qu’elle va vivre avec un employé de son mari. Elle s’émancipe ainsi du pouvoir de ce dernier et prend le contrôle de sa vie et de son corps, passant de l’oppression au crime. C’est le prix qu’elle doit payer pour épancher sa soif de liberté et d’épanouissement quand sa relation adultère est découverte par le mari trompé. Mais c’est aussi le début d’une suite de crimes « nécessaires », la mise en route d’une mécanique inexorable et glaçante qui met le spectateur en face de scènes insoutenables révélant une immense perversité. Je suis sortie de la séance assez perturbée, partagée entre l’empathie pour cette femme prisonnière de son mari et le dégoût face à l’escalade de la violence. C’est un film dérangeant mais intéressant car il nous interroge sur nos propres limites, celles qu’on s’impose en plus de celles qui nous sont imposées par les autres.

Avez-vous vu ces films ? Lesquels avez-vous aimés dernièrement ?

Ma (toute petite) revue ciné de mars

Le mois de mars a filé, littéralement. Au début de ma période de chômage je pensais que j’aurais plein de temps pour mes loisirs et pour aller au ciné en particulier. Mais il s’avère qu’un emploi du temps ça se remplit vite, même quand on ne va pas au bureau. Bref, tout ça pour dire que je n’ai vu qu’un film en mars !

J’ai vu Miss Sloane de John Madden. C’est l’histoire d’une lobbyiste qui, après avoir travaillé pour un groupe de pression en faveur du port d’armes, s’est ralliée au lobby qui soutient la régulation de la vente d’armes ; ce qui lui aura valu un procès face à son ancien employeur. Le film plonge le spectateur dans un univers froid et sans pitié où la pression et la tension règnent en maître. On suit les manipulations d’Elizabeth Sloane (y compris à l’égard de ses propres collaborateurs) mais aussi celles des hommes politiques, des lobbyistes concurrents et des dirigeants de grandes entreprises et il semblerait que tout soit permis pour parvenir à ses fins. Intimidations, chantage, abus de confiance sont les armes de tout ce petit monde… Le film est centré sur le personnage d’Elizabeth, une femme autoritaire et glamour, odieuse et poignante, et l’interprétation de Jessica Castain (que j’ai enfin découverte, mieux vaut tard que jamais, hein !) est parfaite. J’ai aimé cette incursion dans les hautes sphères de Washington et le contrôle et la maîtrise d’Elizabeth qui s’oppose à la corruption et au pouvoir des hommes. Cette femme peu ou pas sympathique force tout de même l’admiration de par sa détermination (elle ne vit que pour son métier) et sa capacité à mener le jeu dans cette guerre d’influence. Cette lobbyiste est une solitaire à l’allure glaciale et toujours impeccable, droguée aux amphétamines, narcissique mais surtout, surtout, conquérante.

Ma (petite) revue ciné de février

Le temps file, même quand on ne travaille pas ! Février s’achève déjà et je n’ai vu que 2 films ce mois-ci.

086055-jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx

J’ai passé outre les critiques plutôt négatives et j’ai vu Jackie de Pablo Larrain. Et j’ai bien fait ! Le film démarre sur une porte qui s’ouvre et un journaliste qui vient interviewer la jeune veuve une semaine à peine après l’assassinat du président. Le film relate 5 jours, de l’attentat aux funérailles inspirées de celles d’Abraham Lincoln pour symboliser la grandeur sacrée du pouvoir. Mais il revient aussi sur des souvenirs de bonheur et de gloire, au travers d’images en noir et blanc. On voit évidemment surtout la douleur de Jackie, qui, malgré les circonstances, reste déterminée, maîtrise sa communication et ses sentiments, jusqu’à paraître froide. Et puis on apprend aussi les interrogations intimes de cette femme que tout le monde croit connaître, ses doutes sur son avenir et même sa manière de vivre sa foi. J’ai aimé ce film qui, au-delà des faux-semblants, montre le courage et la dignité d’une femme à la fois forte et fragile qui tente de donner un sens à la mort.

341939-jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxEt puis j’ai vu Chez nous de Lucas Belvaux. C’est l’histoire d’une femme dévouée et populaire. Elle attire l’attention d’un parti d’extrême droite qui souhaite faire d’elle sa tête de liste aux élections municipales dans une commune du Nord, une région peuplée de gens déclassés. Pauline se laisse séduire par un parti qu’elle connait peu mais qui lui fait croire qu’elle peut se rendre plus utile. Elle se radicalise par ses interactions avec des gens qui ne sont pas de son milieu et qui manient avec habileté idées simples et solutions simplistes. Le film montre combien le fonctionnement du parti repose avant tout sur son image. Il montre aussi les techniques de recrutement, l’élaboration des discours, la logique d’appareil qui va du mépris au mensonge le plus grossier. Après une période d’aveuglement, Pauline va se rendre compte de la réalité du parti, elle va avoir honte de son engagement, elle ne va pas supporter la haine… et sera bien vite remplacée sur l’affiche par une autre jeune femme blonde, dans un unique but électoraliste. Ce film donne à réfléchir. J’ai aimé le questionnement qu’il suscite mais quelque chose n’a pas fonctionné, ou alors quelque chose a trop bien fonctionné… jusqu’à me dégoûter de certains de mes compatriotes…

Avez-vu vu ces films ? Qu’en avez-vous pensé ? Quels films me conseilleriez-vous ?

La citation de la semaine # 24

recite-qwx5x4

Cette citation me fait penser à ma grand-mère adorée. Elle qui n’a jamais arrêté d’être curieuse. A 91 ans elle était encore avide de connaissances, de découvertes, de lectures, etc…

Et même sur son lit de mort elle m’a demandé comment se passait ma vie. Elle voulait que je lui parle de mes prochains jours à Paris, elle voulait que je lui raconte mon travail, mes amours, mes amitiés, mes joies et mes peines.

Avec cette citation je rends hommage à l’esprit vif et curieux d’une femme merveilleuse qui n’aura jamais laissé entrer l’ennui dans sa vie et qui aura toujours voulu en savoir plus, jusqu’à son dernier souffle. Un bien bel exemple de jeunesse éternelle !

Suzanne

MOI 161

Elle aimait l’eau de Cologne, faire de bredele par centaines et les distribuer avec la plus grande des générosités, lire, me souhaiter un joyeux anniversaire, une bonne fête (cette année un avc l’a empêchée de m’appeler ce jour-là…), les robes à fleurs et les fleurs en général, Questions pour un champion, les repas au jardin, la couture, le riz au lait, ses enfants, ses petits-enfants, ses arrière-petits-enfants, son joli pilulier, cliquer avec la souris pour faire défiler les photos, les torches aux marrons, les cartes postales, me réconforter, le Coca, la coquetterie, jouer au Scrabble avec ses copines, son métier, prendre soin d’elle, la peinture, nourrir les oiseaux en hiver, regarder le patinage artistique et les Jeux Olympiques à la télé, son potager, Strasbourg et ses jolis bâtiments, les desserts au café, aider les plus faibles qu’elle, voir sourire ceux qui lui étaient chers, son indépendance, la langouste et le riz sauvage, prendre l’avion, se lever tôt, son goûter de 4 heures, l’honnêteté et mille autres choses, petites ou grandes qui faisaient d’elle une femme attendrissante, parfois intransigeante mais toujours bienveillante.

Et puis, par-dessus tout, elle aimait être ma grand-mère. Toute sa vie elle m’a choyée plus que de raison.