Déni, sidération, tristesse

Il était 20:53 hier soir quand j’ai été informée que ce qui était hélas à craindre depuis de nombreuses années s’est finalement produit à Strasbourg, au coeur de ma ville que j’aime tant…

Ma télé était en marche, mais j’avais coupé le son, comme souvent, et je ne prêtais pas attention aux images qui défilaient. Et puis… ces mots sur un bandeau « Fusillade à Strasbourg »… ont happé mon regard.

Après ça, je n’ai plus réussi à détacher mes yeux de ce satané écran où se bousculaient des images de rues que j’arpente souvent, de magasins et de bars que je fréquente…

J’en ai mis du temps à admettre que le mal s’est abattu sur des innocents, là, en bas de chez moi. Il en a fallu des sms de mes proches pour me « prouver » que la violence froide avait frappé…

Les messages sont rapidement arrivés d’amis qui habitent dans la région, bien sûr, mais aussi d’autres qui sont plus loin, en Allemagne, aux Etats-Unis, en passant par la Suisse et le Canada. L’info s’est diffusée comme une traînée de poudre. Les marques d’amitié aussi.

A l’abri, chez moi, je ne savais que faire… Tout me semblait à la fois dérisoire et porteur d’espoir et de vie. Paradoxalement.

J’ai pleuré. Je crois qu’on peut dire que j’ai craqué… Le bruit des hélicoptères survolant la ville avait ce côté inquiétant auquel on n’est pas habitué (heureusement !).

Je suis tombée d’épuisement, après de bien trop nombreuses heures passées sur Twitter, Facebook, LCI, etc… J’étais gavée d’images, de gyrophares bleus, de larmes aussi.

Ce matin, le réveil a été un peu irréel. J’avais envie de croire que le mauvais rêve s’était évanoui, que j’étais sortie d’une sorte de réalité parallèle. Et bien sûr, j’étais également consciente que l’ignominie avait été perpétrée. Mais aussi que la vie « normale » devait reprendre ses droits.

J’ai donc repris ma vie, j’ai rejoint la gare, à pied, comme chaque jour. Mais j’ai ouvert les yeux plus grand, j’ai essayé de croiser des regards, j’ai cherché à voir la beauté des gens qui étaient là, eux aussi, plus tristes que la veille mais vivants.

J’étais presque triste de ne pas croiser de militaires…!

L’Avent avec Stom500

Voici venu le moment d’ouvrir la première petite fenêtre du calendrier de l’Avent.

Cette année encore, j’ai choisi celui de mon pâtissier strasbourgeois préféré, j’ai nommé Thierry Mulhaupt.

C’est une valeur sûre du point de vue gustatif et l’édition 2017 est illustrée par Stom500, un grapheur qui a élu domicile à Strasbourg il y a plusieurs années et dont les personnages ornent les murs de la ville. De quoi donner une caution artistique à la gourmandise ! J’adore l’idée !

Et puis, autre détail que j’adore, ce calendrier comporte des cases « en cas d’urgence » ! Amusant, non ?

Ma (petite) revue ciné de mai

Ca y est, j’ai retrouvé l’envie d’aller au cinéma ! Le festival des Cannes n’est peut-être pas étranger à cela.

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J’ai vu Baden Baden de Rachel Lang. Il s’agit d’un film dont l’action se déroule à Strasbourg, la ville natale de l’héroïne. Le temps d’un été caniculaire on suit les aventures d’Ana qui tente de tromper son ennui. Pour ce faire elle entreprend de remplacer la baignoire de la salle de sa grand-mère par une douche. Et puis elle couche avec son meilleur ami et renoue avec son ex. Je n’ai pas aimé ce film qui ne m’a séduite ni par son histoire ni pas son esthétique. Comme l’héroïne je me suis ennuyée.

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Alors, pour relever le niveau, j’ai vu Café Society (le film d’ouverture du festival de Cannes) de Woody Allen. L’action se passe dans les années 30, à Hollywood et à New York. Le héros, un new-yorkais fraîchement débarqué en Californie, travaille aux côtés de son oncle, un agent de stars qui lui confie de menues missions. Bien vite le jeune homme tombe amoureux d’une employée de son oncle qui s’avérera être la femme dont ce dernier est épris. Après cette découverte le héros décide de rentrer à New York et de diriger avec son gangster de frère une boîte à la mode dont le succès va grandissant. Les amants se reverront des années plus tard, dans cette même boîte et cette rencontre réveillera (forcément) des souvenirs et (forcément ?) des regrets. Une fois de plus Woody Allen m’a épatée par sa capacité à retranscrire en images le sentiment amoureux, la mélancolie, la tristesse, le cynisme, l’espoir et le désenchantement. Quel talent ! Café Society est fait de décors et de costumes élégants. Comme d’habitude j’ai adoré les quiproquos dont Woody Allen a le secret et même si ce film est à mon avis un cran en-dessous de Blue Jasmine, j’ai adoré me plonger dans la subtilité et le bonheur triste de l’univers de Woody Allen qui gratifie le spectateur de sa voix off tout au long du film. Quelle bonne idée !