Son cadeau pour moi…

Ma grand-mère aurait eu 94 ans aujourd’hui…

Ce 24 juillet 2018 est le 3è anniversaire qu’on ne fêtera pas…

Mais, ce mardi est aussi un jour de joie parce que je joue le premier (et, espérons-le, pas le dernier) match du tournoi dans lequel je suis engagée.

En secret, comme une motivation supplémentaire, extra-sportive, je frapperai la petite balle jaune pour ma grand-mère chérie, elle qui m’a appris la persévérance, le goût de l’effort et la satisfaction du travail bien fait. Des ingrédients qui m’ont guidée depuis que je suis toute petite et dont je suis fière.

Je suis tellement reconnaissante que ma grand-mère m’ait transmis ces belles et grandes valeurs, ainsi que le goût des choses simples de la vie, telles qu’elle les aimait, elle aussi.

Avec tout mon amour, Mémé.

Mémé de Philippe Torreton

Ce livre est une évocation de la grand-mère de l’auteur, une déclaration à cette femme qui veillait sur son petit-fils (et inversement). Philippe Torreton raconte les petits bonheurs de la vie quotidienne à la campagne (avec un beau passage sur la pluie), le bon sens que la pauvreté confère aux gens, l’oisiveté qui n’existe pas, jamais. Il est question de respect de la nature, de consommation raisonnée qui faisait de mémé une locavore avant l’heure, bien avant les bobos ! Chez mémé rien n’était gâché, tout pouvait être recyclé. Cette femme avait une immense foi en l’autre, et si elle était avare de mots elle était en revanche généreuse en preuves d’amour. L’auteur compare la vie de mémé à un combat et son décès à la fin d’un monde.

Mémé est un véritable condensé de tendresse, un raviveur de souvenirs. Je m’y suis plongée avec un plaisir immense. L’évocation proposée par l’auteur a quelque chose d’universel, de profondément touchant sans être triste, même quand le thème de la mort est abordé. J’ai reconnu ma propre grand-mère dans cet hommage et ça m’a fait du bien de la retrouver au travers des mots de quelqu’un d’autre. Cette lecture a été un enchantement, une parenthèse rêvée dans mon quotidien. Je vous recommande mille fois cette pépite.

Ce que dit la 4è de couverture : « Mémé, c’est ma mémé, même si ça ne se dit plus. Mémé me manque. Ses silences, ses mots simples au Scrabble, sa maison enfouie sous les pommiers et son buffet d’avant-guerre. Ce texte est subjectif, partial, amoureux, ce n’est pas une enquête, ce n’est pas une biographie, c’est ce que j’ai vu, compris ou pas, ce que j’ai perdu et voulu retenir, une dernière fois. Mémé, c’est mon regard de gamin qui ne veut pas passer à autre chose. »

Suzanne

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Elle aimait l’eau de Cologne, faire de bredele par centaines et les distribuer avec la plus grande des générosités, lire, me souhaiter un joyeux anniversaire, une bonne fête (cette année un avc l’a empêchée de m’appeler ce jour-là…), les robes à fleurs et les fleurs en général, Questions pour un champion, les repas au jardin, la couture, le riz au lait, ses enfants, ses petits-enfants, ses arrière-petits-enfants, son joli pilulier, cliquer avec la souris pour faire défiler les photos, les torches aux marrons, les cartes postales, me réconforter, le Coca, la coquetterie, jouer au Scrabble avec ses copines, son métier, prendre soin d’elle, la peinture, nourrir les oiseaux en hiver, regarder le patinage artistique et les Jeux Olympiques à la télé, son potager, Strasbourg et ses jolis bâtiments, les desserts au café, aider les plus faibles qu’elle, voir sourire ceux qui lui étaient chers, son indépendance, la langouste et le riz sauvage, prendre l’avion, se lever tôt, son goûter de 4 heures, l’honnêteté et mille autres choses, petites ou grandes qui faisaient d’elle une femme attendrissante, parfois intransigeante mais toujours bienveillante.

Et puis, par-dessus tout, elle aimait être ma grand-mère. Toute sa vie elle m’a choyée plus que de raison.

Jean-Paul Gaultier, l’expo

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Ca faisait 4 ans, oui, rien que ça, que j’attendais que cette exposition débarque en France. Après avoir enchanté les amateurs de mode de Montréal, Rotterdam, New York, Londres, Dallas, etc… c’est en 2015 que « De la rue aux étoiles » passe enfin par Paris, pour sa 10è étape et pour mon plus grand plaisir.

L’exposition est une véritable plongée dans l’univers du couturier né en banlieue et qui le revendique haut et fort en faisant de la culture populaire et des gens simples sa principale source d’inspiration.

Le visiteur est accueilli par Nana, le très célèbre ours en peluche qui a fait office de modèle à Jean-Paul Gaultier dès sa plus tendre enfance. Et puis sont exposés des documents personnels et des photos de l’enfant à l’école, avec sa grand-mère adorée, de Pierre Cardin, son premier employeur, de Francis Menuge, son compagnon et partenaire d’affaires des débuts.

L’exposition occupe 7 salles et s’articule autour des thèmes les plus emblématiques de la création de Jean-Paul Gaultier : le marin et son mythique pull rayé, la sirène, Paris, les muses, le corset, le tatouage, la différence.

Tout au long de sa déambulation parmi les 175 modèles exposés le visiteur prend la mesure du message du couturier qui offre une vision ouverte de la société, un monde de folie, de sensibilité, de drôlerie et d’impertinence où chacun peut s’affirmer comme il est. Jean-Paul Gaultier rêve d’un monde sans discrimination, sans races, sans hiérarchie touchant aux étiquettes ou aux préférences sexuelles.

Dans la salle Punk Cancan est reconstitué un défilé de mode (quelle idée géniale !), avec un podium sur lequel défilent 20 mannequins. Parmi les spectateurs de ce show on reconnait Amy Winehouse, Conchita Wurst, Tonie Marshall, Inès de la Fressange et bien d’autres habillés par le couturier. Les modèles de ce défilé sont commentés par Catherine Deneuve, une amie du couturier.

Autre idée de génie : les mannequins aux visages animés qui parlent de leur métier. J’ai adoré ces installations vidéo inédites et qui prouvent s’il en est besoin que Jean-Paul Gaultier a toujours au moins un temps d’avance.

L’exposition, comme tout défilé qui se respecte, se termine par la mariée, ou plutôt les mariées. J’ai été particulièrement impressionnés par celle à l’incroyable coiffe d’indien qui incarne plus une chef de clan qu’une femme romantique au sens premier du terme. J’adore ! 

J’ai toujours aimé le travail de Jean-Paul Gaultier qui prône une société multiculturelle et métissée, un travail qui bouscule avec humour les codes sociologiques et esthétiques établis (et un peu ennuyeux). Je trouve que cette exposition à la scénographie impeccable est un très bel hommage rendu aux 40 ans de passion et de création du couturier.

Si vous aussi vous avez envie de voyager dans cet univers joyeux et sérieux à la fois c’est au Grand Palais que ça se passe, et ce jusqu’au 3 août. Ne tardez pas trop !

90 printemps !

MOI 161

Aujourd’hui je souhaite un joyeux anniversaire à ma grand-mère adorée.

J’admire sa vivacité d’esprit, sa curiosité, sa force et son immense gentillesse. Elle a fait de mon enfance une période rêvée et me donne jour après jour de belles leçons de vie.