Tenue correcte exigée

J’ai vu cette expo en… février. Il était temps que je vous en parle !

L’année dernière j’avais apprécié l’exposition Fashion Forward et cet hiver, en toute logique, j’avais envie de poursuivre l’exploration des tendances vestimentaires et de l’histoire de la mode. L’exposition Tenue correcte exigée était parfaite pour ça.

Elle vise à montrer comment la mode a évolué, du 14è siècle à nos jours et ce à la faveur de scandales provoqués par ceux qui souhaitaient échapper au code vestimentaire de leur époque, de leur rang ou de leur sexe.

L’expo essaie de répondre à la question suivante : comment doit-on s’habiller ? Il est évident que le vêtement a une dimension politique, culturelle, sociale ou encore religieuse. Et il est lié au péché originel et se doit, de ce fait, d’être sobre. La discrétion vestimentaire a longtemps été considérée comme la preuve de la maîtrise de soi ! On s’habille pour soi, certes, mais aussi pour les autres.

L’expo montre que savoir adapter sa garde-robe aux différentes activités de la journée et de la vie sociale est une marque d’éducation et de distinction. Ceci explique pourquoi de tout temps, la mode a séduit et agacé. Elle bouleverse en effet les habitudes et de surcroit elle nous interroge et nous perturbe car être singulier est jugé comme immoral. Toujours cette histoire de péché originel…!

J’ai beaucoup apprécié les modèles exposés qui illustrent les « thèmes » abordés : le christianisme face au vêtement, le pantalon féminin, la capuche et le vêtement trop ample. Ca a été l’occasion de confronter les lois du bon goût à la créativité et à l’audace qui ont toujours fait évoluer les sociétés occidentales. Et il est intéressant de voir à quel point le regard des gens a changé sur les vêtements jugés subversifs et qui sont finalement entrés dans la garde-robe la plus largement admise.

Vive la mode ! Et vive Paris ! Balzac a dit « L’être qui ne vient pas souvent à Paris ne sera jamais complètement élégant. » J’adore !

3 siècles de mode

DSCN3954

J’ai profité de ma récente escapade parisienne (dont le but principal était d’aller à Roland Garros) pour visiter l’exposition Fashion Forward, 3 siècles de mode qui se tient au musée des Arts Décoratifs jusqu’au 14 août.

L’exposition, composée de 300 modèles, propose un voyage chronologique au coeur de la mode féminine, masculine et enfantine, du 17è siècle à nos jours.

On découvre qu’au 17è siècle la mode masculine tenait le devant de la scène avec des tenues à dorures et aux détails travaillés et que ce n’est que plus tard que la mise en valeur de la femme a quelque peu éclipsé la mode homme.

L’exposition est une mise en lumière de l’évolution vestimentaire au cours des siècles, certes, mais aussi la preuve que la mode se réincarne au fil du temps, tout en faisant référence à des influences d’un passé plus ou moins lointain. Il apparaît aussi clairement que la mode sert à décaler les normes, qu’elle suit les évolutions de la société et qu’elle est une véritable affirmation de l’identité, voire même un vecteur de revendication.

J’ai aimé déambuler dans les couloirs à la douce lumière tamisée, au milieu des robes à baleines, à crinoline ou à volants. J’ai admiré les corsets, mais aussi les éventails, les flacons de parfum et même quelques jouets. Et puis j’ai adoré la mise en scène des créations des années 30 à nos jours dans la Nef, créations qui sont présentées sur des escaliers, obligeant le visiteur à lever les yeux tout en lui donnant un point de vue particulier sur les modèles dont certains sont de véritables emblèmes de la mode contemporaine.

Comme en 2015 j’ai associé Roland Garros à la mode et j’ai à nouveau trouvé cette combinaison parfaite !

Paris photo, 2è partie

DSCN3730

Voici enfin le 2è volet photo de mon escapade parisienne du mois dernier.

En sortant de l’exposition consacrée au travail de Bettina Rheims j’ai rejoint la Galerie Cinéma pour y découvrir les créations d’une autre femme, à savoir Kate Barry. Pour la petite histoire, cette photographe est la fille de Jane Birkin et John Barry. Elle s’est suicidée en 2013.

Photographies est une exposition en forme d’hommage et s’articule autour de 3 séries d’images. Wild Grass est une série photographique consacrée à la nature morte, une nature dans laquelle l’humain est très présent. Les couleurs extrêmement douces et les mises en scène mélancoliques m’ont beaucoup touchée. Les gueules de Rungis est une galerie de portraits de travailleurs dont les couleurs vives et le cadre majoritairement blanc et froid accrochent l’oeil. Et puis, la série Actrices, en noir et blanc présente des portraits de femmes, dont ceux des soeurs célèbres de la photographe, Charlotte Gainsbourg et Lou Doillon. Cette série est un peu une histoire de famille, mais pas uniquement. On y retrouve aussi Isabelle Huppert, Béatrice Dalle, Mélanie Laurent et bien d’autres dans des décors dépouillés et des mises en scène originales et surprenantes.

J’ai aimé cette parenthèse poétique, pleine de délicatesse et de sensibilité. De quoi voir la vie du côté de la douceur et de la beauté.

Jeu, set et mode

125

Le tennis c’est un court, une raquette, des balles jaunes, oui, mais c’est aussi l’apparence et le style. N’a-t-on pas dernièrement autant parlé du short de Wawrinka que de sa victoire à Roland Garros ?

J’ai profité d’un temps mort entre 2 matchs pour visiter le musée de la FFT qui offrait aux spectateurs une belle expo : Jeu, set et mode, l’histoire du style tennis. Ou comment le monde de la mode et le monde du tennis s’inspirent mutuellement depuis toujours.

L’exposition est un voyage chronologique qui démarre en 1900 et qui montre l’évolution de la tenue des joueurs et joueuses de tennis, en partant des pantalons et longues jupes de couleur blanche portés par la haute aristocratie anglaise, en passant par les créations de couturiers tels que Jean Patou ou Jeanne Lanvin (la classe !) pour arriver aux shorts et robettes actuels proposés par les grands équipementiers.

Cette expo est aussi l’occasion de montrer à quel point le style tennis est descendu dans la rue (la preuve en est la réédition en forme de lame de fond de la Stan Smith) ou a inspiré les grands couturiers et notamment Jean-Paul Gaultier.

J’ai beaucoup aimé cet interlude culturel à quelques mètres des courts, dans une ambiance feutrée. C’était une belle manière d’allier sport et mode, deux sujets qui me passionnent et qui fonctionnent bien ensemble.

Beau oui comme Bowie

DSCN2822

2 ans ! Ca faisait 2 ans que j’attendais que l’expo David Bowie Is débarque en France ! Alors gare au prochain qui dira que la patience n’est pas une de mes qualités !

Après tout ce temps c’est donc avec un immense plaisir que je suis allée à la Philarmonie de Paris ouverte il y a 2 mois mais dont les travaux ne sont pas terminés. J’en veux pour preuve la présence d’ouvriers sur le site samedi dernier.

Après 1h30 dans la file d’attente (oui, encore de l’attente…) les portes de l’univers de David Bowie se sont ENFIN ouvertes devant moi.

L’exposition est une plongée dans les archives personnelles de David Bowie composées de manuscrits, costumes, vidéos, photos, disques conservés par l’artiste tout au long de ses 50 ans de carrière.

Le parcours de cet artiste cultivant son image nourrie d’art, de mode ou encore de cinéma et aux idées avant-gardistes est retracé au fil de ses multiples métamorphoses. L’ambiguïté sexuelle est très présente : fille ou garçon ? homo ou hétéro ? androgyne à coup sûr ! Et puis David Bowie aime à se prendre pour un extraterrestre. J’adore !

J’ai été frappée par le soin apporté par David Bowie aux pochettes de ses albums, par son génie visionnaire, sa maîtrise de la métamorphose et de l’outrance, par le talent complet de l’artiste qui signe les paroles, la musique, la production et l’image de ses chansons et de ses clips et qui sélectionne  avec soin les couturiers à qui il confie la création de ses tenues de scène. J’ai adoré le style glam-rock, le fait que le corps soit un spectacle à lui tout seul dans cet univers à la fois riche, varié et finalement cohérent. Pour David Bowie sa musique doit ressembler visuellement à la manière dont elle sonne. Eh bien on peut dire qu’il excelle dans cet exercice.

J’ai été particulièrement touchée par une série de photos de David Jones bébé, par un cliché pris par la police américaine lors d’une arrestation. J’ai aussi adoré le fameux manteau Union Jack créé par Alexander Mc Queen ou le costume de scène en forme de disque vinyl conçu par Kansai Yamamoto pour la tournée Aladdin Sane.

Casque audio sur les oreilles, j’ai déambulé avec plaisir au milieu des quelque 300 objets exposés, au son de titres connus ou moins connus. Quelle bonne idée cette immersion par le son ! Et le final dans la dernière salle où sont projetés des extraits de concerts sur un écran géant 3D est tout simplement enivrant.

Pour la petite histoire, on appelle la photo de l’affiche de l’expo la Mona Lisa de la pop. Je trouve ça parfaitement trouvé, à la mesure de la notoriété du beau David Bowie !

Photographe des foules et de la solitude

DSCN2573

La semaine dernière je me suis offert une journée parisienne et j’ai profité de cette escapade pour voir l’expo photo consacrée à Garry Winogrand au Musée du Jeu de Paume.

Le photographe a concentré son travail sur un sujet qui me passionne : la ville. Il faut dire qu’il est né à New York, source intarissable d’inspiration pour les images ! Il a donc tout naturellement commencé par immortaliser la vie new yorkaise, et plus précisément celle de Manhattan, avant de poser son regard sur Chicago, le Texas et Los Angeles.

Les photos de Winogrand, en noir et blanc exclusivement, balaient les années 1950 – 1980 et confèrent au paysage urbain une belle poésie visuelle. Les scènes de rue (foules, groupes de piétons) sont nombreuses ainsi que les clichés pris dans les aéroports, ces lieux où les gens attendent et s’occupent comme ils peuvent.

J’ai été frappée par la manière dont le photographe a réussi à attraper des regards perdus, des sourires, des détails vestimentaires et des situations incongrues ou choquantes.

L’expo plonge le visiteur dans une atmosphère révolue, avec son esthétique d’un passé récent et pourtant si lointain… Moi j’ai particulièrement aimé les images (nombreuses) de longues voitures, d’hommes en costume et de citadines élégantes.

J’ai noté cette citation du photographe à laquelle j’adhère complètement  : « Le fait de photographier une chose change cette chose. Je photographie pour découvrir à quoi ressemble une chose quand elle est photographiée. » Pour Winogrand, une photo est un fait nouveau. J’aime cette approche ! Elle prouve que les événements apparemment anodins peuvent être intéressants du point de vue visuel et que l’émotion est au coin de la rue pour qui est un être sensible. Pour moi l’essence de cet art est dans l’humain, qu’il soit du côté du « voyeur » ou du sujet.

Pour la petite histoire, Winogrand était plus intéressé par la prise de vue que par le tirage de ses photos et par les expositions ; c’est ainsi qu’à sa disparition il a laissé plus de 6000 pellicules non développées !

Travaux in situ

DSCN2376

A quasiment chacune de mes escapades parisiennes est associé un passage au Palais Royal où j’aime admirer les fameuses colonnes de Buren. Alors quand j’ai appris que l’artiste avait réalisé des oeuvres au MAMCS (Musée d’Art Moderne et Contemporain de Strasbourg) ma curiosité a forcément été titillée !

L’exposition « Comme un jeu d’enfant, travaux in situ » consiste en 2 oeuvres. L’une se déploie sur la façade vitrée du musée et l’autre dans une salle d’exposition temporaire.

L’oeuvre sur la façade est un travail sur la couleur et la lumière qui transforme le verre en vitrail. Ceux qui connaissent le musée constateront que cette oeuvre modifie complètement la façade du musée et souligne le génie de l’artiste à exploiter l’existant pour en faire quelque chose de nouveau. De l’intérieur l’oeuvre offre une perspective inédite sur la ville, la cathédrale et l’environnement proche du musée.

L’oeuvre qui se trouve dans la salle d’exposition est un jeu de construction géant, un paysage architecturé dont les éléments sont positionnés de manière symétrique. L’oeuvre oppose des modules blancs à des modules colorés entre lesquels le visiteur peut circuler. Cette oeuvre crée des espaces de passage, des points de vue multiples auxquels les visiteurs seront sensibles ou pas, en fonction de leur propre perception, de leurs émotions personnelles. Tout comme sur la façade on retrouve ici les fameuses rayures emblématiques du travail de Daniel Buren.

Je vous recommande cette exposition pleine de lumière et de simplicité apparente (apparente seulement) qui s’adresse aux adultes mais aussi aux enfants. Elle se tient jusqu’au 4 janvier 2015, ce qui vous laisse pas mal de temps pour allez la voir.