Photographe des foules et de la solitude

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La semaine dernière je me suis offert une journée parisienne et j’ai profité de cette escapade pour voir l’expo photo consacrée à Garry Winogrand au Musée du Jeu de Paume.

Le photographe a concentré son travail sur un sujet qui me passionne : la ville. Il faut dire qu’il est né à New York, source intarissable d’inspiration pour les images ! Il a donc tout naturellement commencé par immortaliser la vie new yorkaise, et plus précisément celle de Manhattan, avant de poser son regard sur Chicago, le Texas et Los Angeles.

Les photos de Winogrand, en noir et blanc exclusivement, balaient les années 1950 – 1980 et confèrent au paysage urbain une belle poésie visuelle. Les scènes de rue (foules, groupes de piétons) sont nombreuses ainsi que les clichés pris dans les aéroports, ces lieux où les gens attendent et s’occupent comme ils peuvent.

J’ai été frappée par la manière dont le photographe a réussi à attraper des regards perdus, des sourires, des détails vestimentaires et des situations incongrues ou choquantes.

L’expo plonge le visiteur dans une atmosphère révolue, avec son esthétique d’un passé récent et pourtant si lointain… Moi j’ai particulièrement aimé les images (nombreuses) de longues voitures, d’hommes en costume et de citadines élégantes.

J’ai noté cette citation du photographe à laquelle j’adhère complètement  : « Le fait de photographier une chose change cette chose. Je photographie pour découvrir à quoi ressemble une chose quand elle est photographiée. » Pour Winogrand, une photo est un fait nouveau. J’aime cette approche ! Elle prouve que les événements apparemment anodins peuvent être intéressants du point de vue visuel et que l’émotion est au coin de la rue pour qui est un être sensible. Pour moi l’essence de cet art est dans l’humain, qu’il soit du côté du « voyeur » ou du sujet.

Pour la petite histoire, Winogrand était plus intéressé par la prise de vue que par le tirage de ses photos et par les expositions ; c’est ainsi qu’à sa disparition il a laissé plus de 6000 pellicules non développées !