Les Bourgeoises de Sylvie Ohayon

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Ce roman présente une galerie de portraits de femmes que Sylvie, une fille de banlieue, a rencontrées au fil de son ascension sociale. Des femmes à qui l’héroïne a envie de ressembler mais qui se rend compte que les bourgeoises ne sont pas plus heureuses qu’elle, qu’elles sont guidées par la vengeance et qu’elles souffrent du manque d’amour.

J’ai adoré cette « confrontation » de 2 mondes qui ont appris à se mépriser mutuellement, qui font tout pour s’ignorer ou se détester. Il est beaucoup question du rapport des bourgeoises à l’argent, à l’amour et aux apparences qui dirigent le monde. Il est également question de langue française dans laquelle les bourgeoises piochent alors que les filles de banlieue s’approprient leurs vêtements qui représentent une sorte de protection contre la malchance.

Ce livre est un condensé d’amour/répulsion. L’héroïne est à la fois attirée et attristée par la Bourgeoisie avec un B majuscule, considérée comme un pays, une contrée étrangère. Il est également rempli de frustration, celles des filles de banlieue, mais aussi celle des bourgeoises qui vivent mal le fait de ne pas être un sujet de conversation intéressant, qui ne vivent pas de grandes histoires d’amour ou qui sont gênées d’avoir de l’argent ! Au final on ne sait pas lesquelles sont les plus à plaindre ou à envier car ce livre est bien plus profond qu’un simple catalogue de ce que les unes ont ou pas et vice-versa. Ce roman nous pousse à une réflexion sur l’amour de soi et des autres et sur les différences entre la banlieue et la bourgeoisie, parfois (souvent ?) fantasmées quant on en vient aux choses importantes de la vie telles que le bonheur, l’amitié et l’estime de soi.

Ce que dit la 4è de couverture : « Comment se fondre dans la jungle parisienne quand on traverse le périph tous les matins ? Look, manières, codes : la bourgeoisie est un monde à part, on n’y entre pas comme ça… « La fille de banlieue » va en croiser quelques échantillons – des folles, des méchantes, des bêtes et des pas mûres, des méprisantes et des sympas. Un gynécée complet, à faire sauter tous les préjugés. Une entomologie de fond sur ces jeunes femmes qui la fascinent. Mais sont-elles vraiment à envier ? »