Ma (petite) revue ciné de janvier (avec un peu de retard)

Aller au ciné plus souvent en 2019 que l’année dernière fait partie de mes « résolutions ». J’ai donc filé dans les salles obscures dès le premier mois de l’année. Et je vous en parle enfin.

J’ai vu Un beau voyou de Lucas Bernard. Il s’agit d’un jeu du chat et de la souris entre un voleur de tableaux et un policier qui voudrait finir sa carrière sur un coup d’éclat. Le voleur est une sorte d’Arsène Lupin de notre époque qui opère une fascination sur celui qui doit l’arrêter. Il mène une vie faite d’arnaques, dans une logique libertaire, pour la beauté du geste en quelque sorte. J’ai trouvé les personnages attachants. Le policier, interprété par Charles Berling, est un homme qui cherche une étincelle. Le voyou, énigmatique et toujours fuyant, est pétri d’un romantisme qui frôle la poésie. Les deux sont conscients de leur solitude et c’est, je crois, ce qui les lie malgré leurs parcours et leurs rôles respectifs. J’ai été séduite par ce duo inattendu, loin des clichés sur le gendarme et le voleur !

Et puis j’ai vu In my room d’Ulrich Köhler. Il s’agit d’un film post-apocalyptique, un genre que je ne connaissais pas. Le héros, dont la vie est ponctuée d’échecs (familiaux, amoureux et professionnels) se réveille un beau matin dans un monde inhabité. Il est une sorte de Robinson Crusoé allemand qui rejoint la campagne et réapprend le rapport de l’homme à la nature et au bonheur. L’irruption d’une femme va bouleverser la vision de la liberté que s’est construit le héros. Une vision qui va à l’encontre de celle de cette femme. Et qui interroge sur le besoin ou non des autres ainsi que sur les douleurs liées à la disparition d’un proche et d’une vie rêvée.

J’ai aimé les messages portés par ces deux films mais je sais déjà qu’ils ne resteront pas dans mon top 3 des films de l’année. Le premier parce que je l’ai trouvé trop simple et le second parce que je n’ai pas été séduite par son univers et l’imagerie qui l’accompagne.

Lui & Nous

Après le concert de la tournée & auquel j’ai assisté il y a un peu plus d’un an, j’ai eu le plaisir et le bonheur de revoir Julien Doré sur scène récemment, dans une tout autre ambiance.

La tournée Vous & Moi, la version acoustique de sa grande soeur, investit des petites salles et laisse la part belle à la douceur, tant musicalement que visuellement.

Autre particularité de cette tournée : la première partie est assurée par un « inconnu », un artiste local, à qui Julien Doré offre une scène ouverte et une belle exposition.

A Strasbourg c’est Deborah qui a été retenue, accompagnée de sa harpe, pour un pur moment de grâce, en parfait accord avec le concert qui allait suivre. Elle a eu le privilège de partager un duo harpe – guitare avec Julien Doré pour conclure sa prestation et emmener le public vers l’univers de la « star ».

Ce concert était placé sous le signe de l’échange (Julien Doré parle beaucoup entre les chansons !), de l’humour et de l’autodérision (il y a notamment une histoire de roux qui m’a fait plus que sourire), de la poésie et de la bienveillance (comme d’habitude, j’ai envie de dire).

J’ai aimé ce décor intimiste et chaleureux, parfaitement en accord avec la douceur des mots et des notes. J’ai adoré l’interprétation inédite de chansons maintes fois écoutées et entendues mais qui ont trouvé une nouvelle identité, une nouvelle tonalité.

Julien Doré a partagé une chanson au milieu de son public (et même à un mètre de moi. Mode groupie on !), a fait rire et sourire son auditoire, a insufflé de la simplicité dans sa relation et ses échanges avec les autres. Il a mis de la poésie dans les coeurs, il a encouragé un public éclectique à se joindre à lui pour donner de la voix et a charmé tout le monde, je crois.

Le concert s’est conclu avec la présence du fameux panda sur scène, dans la lumière alors que Julien Doré avait rejoint la pénombre du décor pour s’effacer, préparer sa sortie en quelque sorte.

Une fois de plus, le talent et l’originalité de cet artiste m’ont touchée et j’ai eu des papillons dans la tête et dans les yeux bien après la dernière note.

Merci Julien pour ce merveilleux moment hors du temps !

# 19 – Cours d’eau

J’ai profité de ce doux matin ensoleillé de jour férié pour me promener et hop, l’image qui illustrerait le thème de la semaine était dans la boîte !

L’Ill coule dans mon quartier, à quelques mètres de chez moi. J’aime le longer, tout au bord, ou le surplomber et observer les joggeurs, les chiens et leurs maîtres, les cygnes, les ragondins, etc…

Un cours d’eau apporte à la ville une touche de poésie, de quiétude et de l’animation aussi. C’est un peu d’évasion à moindres frais, en bas de chez soi. J’adore !

Ma (petite) revue ciné de septembre (et oui, on est en octobre, je suis à la bourre)

En septembre les bons films étaient de retour à l’affiche, enfin !

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Le mois dernier j’ai vu Youth de Paolo Sorrentino. On entre dans ce film comme dans un rêve. Il y est question d’amitié, de la fuite du temps, de l’amour d’un père pour sa fille et.. de prostate ! Le tout est empreint d’une jolie poésie et d’un doux cynisme. J’ai aimé le contraste des décors sages des Alpes suisses et le propos provocant et ironique de deux amis magistralement interprétés par Michael Caine et Harvey Keitel. Youth est un film nostalgique et sans action qui met le doigt sur les « valeurs » de notre époque que sont la frivolité, la vanité et la consommation. Les personnages aux traits physiques et psychologiques marqués et le contraste de la vision d’un corps parfait et d’autres, vieillissants mais non moins charnels, font de ce film une fable bien attachante.

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Much loved de Nabil Ayouch se déroule à Marrakech, dans le milieu de la prostitution. C’est l’histoire de 4 femmes à la fois tolérées et condamnées. Elles se vendent à de riches Saoudiens, se refusent aux Français considérés comme des néocolonialistes, sont abusées par des policiers véreux et rejetées par leurs familles. C’est aussi l’histoire d’une solidarité, d’une complicité, de rêve d’ailleurs, de femmes d’aujourd’hui qui mènent leur barque dans une société dépassée (révolue ?). Ces femmes, au-delà de leur métier, sont émancipées et volontaires dans leur démarche. Et désabusées aussi. Elles ne sont finalement que les princesses d’une nuit et victimes de l’hypocrisie sociale. Les violences physique et émotionnelle sont montrées sans fard mais également sans voyeurisme et cet équilibre confère une sensibilité touchante à ce film dont on sort sans avoir ni envie ni besoin de dire où est le bien et où est le mal. Une belle réussite, in my opinion!

Magazine doudou

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Je crois que j’ai trouvé mon nouveau magazine féminin préféré, j’ai nommé Flow !

Je suis tombée dessus par hasard, attirée par la couverture colorée du numéro 1 et j’ai attendu avec envie la sortie du numéro 2. Flow est un bimestriel. Je pensais être frustrée entre la parution de ces 2 premiers numéros mais non, Flow se déguste, se picore et s’apprécie lentement, longtemps.

Sur la forme j’aime les différentes textures de papier utilisées (papier brut, papier glacé, papier épais, papier moins épais), les typographies variées et les « goodies » offerts dans chaque numéro (carnets, cartes postales, posters ). J’ajoute que les pubs sont très peu nombreuses et ça aussi c’est un gros point positif.

Sur le fond Flow propose des articles bien-être pour voir la vie de manière positive, pour rêver et prendre son temps. On trouve aussi des idées shopping et des recettes et une partie découverte de créateurs.

J’aime ce magazine différent ; ici pas de mannequins aux jambes interminables, pas d’injonction de l’industrie cosmétique, pas de culpabilisation. Flow fait la part belle à la poésie du quotidien, à la douceur, à la réflexion, à l’esprit rétro.

En somme Flow c’est le bonheur au fil des pages !

Charlotte de David Foenkinos

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Ce roman m’a été offert par Mélanie qui m’a dit qu’il se lit très vite, d’une traite. Eh bien, elle avait raison. J’ai lu ces 220 pages avec avidité, en quelques heures.

Charlotte est l’histoire d’une jeune artiste juive née à Berlin en 1917. Dès le début du roman on apprend l’acharnement de la mort sur les membres de sa famille, au fil des générations. Puis on suit le parcours artistique et amoureux de la jeune femme, ainsi que son exil en France où elle s’est réfugiée pour échapper aux persécutions des nazis. C’est d’ailleurs à un médecin français qu’elle a confié ses oeuvres en lui disant qu’il s’agissait là de toute sa vie. Charlotte a été arrêtée sur dénonciation de voisins, puis déportée et gazée à Auschwitz en 1943.

J’ai aimé l’écriture particulière de ce roman ; l’auteur va en effet à la ligne à la fin de chaque phrase, ce qui confère au texte à la fois une poésie et un sentiment d’urgence à raconter cette courte vie…

Ce que dit la 4è de couverture : « Ce roman retrace la vie de Charlotte Salomon, artiste peintre morte à vingt-six ans alors qu’elle était enceinte. Après une enfance à Berlin marquée par une tragédie familiale, Charlotte est exclue progressivement par les nazis de toutes les sphères de la société allemande. Elle vit une passion amoureuse fondatrice, avant de devoir tout quitter pour se réfugier en France. Exilée, elle entreprend la composition d’une oeuvre picturale autobiographique d’une modernité fascinante. Se sachant en danger, elle confie ses dessins à son médecin en lui disant : « C’est toute ma vie. » Portrait saisissant d’une femme exceptionnelle, évocation d’un destin tragique, Charlotte est aussi le récit d’une quête. Celle d’un écrivain hanté par une artiste, et qui part à sa recherche. »

Sa sensibilité, en noir et blanc

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Il y a quelques années j’ai pris des cours de photo. J’avais alors rencontré un artiste, un homme très sensible dont j’aime particulièrement l’univers qui se situe quelque part entre la réalité et la poésie.

La galerie Stimultania a récemment exposé des photos réalisées par Christophe Bourgeois, ce fameux « prof ». Des photos qui racontent la vie d’hommes simples, au Mali et en Chine. Des photos à l’opposé des clichés exotiques racoleurs.

Christophe Bourgeois nous propose de côtoyer des bergers, des pêcheurs, des hommes qui louent leurs bras à la journée dans des ambiances intemporelles. On ne sait pas si les photos ont été prises dans les années 20, 50 ou de nos jours. Les images rapportées de Chine évoquent le travail et la survie économique, bien loin de la modernité. Les photos prises au Mali ont toutes l’eau en commun, qu’il s’agisse de l’eau d’un fleuve, de l’eau que l’on va chercher au puits et même de l’eau en bouteille !

Je connaissais déjà la plupart de ces oeuvres mais j’ai adoré m’y replonger, j’ai adoré retrouver l’univers graphique de Christophe Bourgeois. Le travail de l’artiste est très abouti techniquement bien sûr mais aussi du point de vue symbolique et graphique. Je trouve l’oeil de ce photographe très sensible, comme l’homme qu’il est.