Ma rentrée littéraire, du coin de la rue à l’autre bout du monde

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Septembre est synonyme de rentrée des classes, de lancement de la saison artistique et de rentrée littéraire, cette vague de fond qui nous inonde de centaines de livres et à laquelle j’avais envie de participer cette année, à ma manière.

Il y a quelques temps j’avais noté sur mon agenda, au 04/09, « Rencontre avec Jean-Paul Didierlaurent chez Soif de Lire à 19:00″. Cette rencontre avait initialement été programmée un soir de juin, pendant la coupe du monde de foot, alors que l’équipe de France était sur le terrain puis reprogrammée hier… le soir d’un autre match des Bleus ! Mais cette fois la libraire n’a pas eu peur de la concurrence du foot et la rencontre a enfin eu lieu.

Jennifer nous a présenté Jean-Paul Didierlaurent, un auteur vosgien (et salarié chez Orange) qui a sorti il y a quelques mois Le liseur du 6h27, son premier roman qui a déjà bénéficié d’une large couverture médiatique (La Grande Librairie, Librairie Médicis,…), au grand étonnement de l’écrivain. Et puis elle nous a présenté le roman, sans trop en dire, mais juste assez pour allécher ceux qui ne l’avaient pas encore lu, le qualifiant de « feel good book ». J’aime bien le concept !

On a appris que le héros du roman passe son existence à ne pas exister, qu’il lit pour racheter sa faute, faute liée à son métier qui le dégoûte. L’auteur nous a parlé avec passion et simplicité de ses personnages, des cabossés de la vie, des invisibles qu’on pourrait qualifier de personnages à la Jean-Pierre Jeunet. Et puis il nous a lu quelques extraits sélectionnés par Jennifer pour leur singularité et qui nous ont totalement fait entrer dans l’univers de Jean-Paul Didierlaurent.

Au fil des questions du public, l’auteur nous a parlé du processus de création, du rapport créatif qu’il a eu avec son éditrice, de l’importance de la musicalité des mots qu’il choisit. Il nous a également dit qu’il assume maintenant son statut d’écrivain, chose qui lui était impossible alors qu’il n’était qu’un auteur de nouvelles. Il nous a avoué le plaisir, le sentiment de puissance qu’a l’écrivain quand il manipule ses personnages mais aussi que l’écrivain se laisse parfois manipuler par ces mêmes personnages. Etonnant !

J’ai aimé cette heure passée avec un auteur qui s’émerveille de ce qui lui arrive comme d’un conte de fées (son livre va sortir dans 25 pays), qui est plein d’humour et de gentillesse. J’ai aimé entrer dans son univers, celui d’une fable où les objets ont une vie propre.

J’ai bien sûr acheté son roman et je n’ai pas manqué de révéler à Jean-Paul Didierlaurent que cet exemplaire dédicacé va s’envoler vers la Jordanie, pour, je l’espère, le plus grand plaisir de Rana à qui je réserve cette surprise littéraire.