Ma revue ciné de septembre

Septembre est synonyme de rentrée des classes, certes, mais pas que. C’est aussi le mois où les films reviennent en nombre à l’affiche, même si, on est d’accord, la quantité ne fait pas forcément la qualité.

Tout d’abord j’ai vu Guy d’Alex Lutz. C’est l’histoire de Gauthier, un jeune journaliste qui va à la rencontre de Guy Jamet, un artiste de variété ayant eu son heure de gloire dans les années 1960-90. C’est à l’occasion de la sortie d’un album de reprises que le jeune homme organise des entretiens avec celui qui est son père mais qui ne le sait pas. Le film fait le portrait d’un homme, avec ses doutes et ses convictions, ses paradoxes aussi et interroge sur l’intime et l’universel, sur l’amour et le temps qui passe. J’ai aimé le ton doux-amer de ce film pas aussi léger qu’il n’y parait. On y rit (jaune parfois) des aléas de la vie, du show business et des média. Le film est teinté de mélancolie, montre la solitude d’un être pourtant très entouré et confirme que, oui, les chansons ont un réel impact sur nos vies.

J’ai aussi vu Photo de famille de Cécilia Rouaud. C’est l’histoire d’une fratrie et de leurs parents séparés qui se retrouvent à l’occasion d’un enterrement, eux qui ne se voient jamais. Les failles des uns et des autres apparaissent rapidement et on comprend que ce qui fait tenir les trois grands enfants c’est la survie de leur mamie et leur fidélité à la maison de vacances de leur enfance heureuse et insouciante. Il y a dans ce film des rires et des larmes, une douce mélancolie aussi. J’ai aimé ce film délicat qui aborde en toute simplicité des thèmes aussi profonds que l’autonomie des personnes âges, la dépression, la difficulté de communiquer dans certaines familles,…

Et puis j’ai vu Le poulain de Mathieu Sapin. Le film nous plonge dans l’univers politique, et plus précisément dans l’ambiance d’une campagne présidentielle. On y accompagne Arnaud qui intègre presque malgré lui l’équipe de campagne et qui découvre un monde fait d’amour et de trahison. Son poste d’assistant de la directrice de communication lui permet d’observer les rivalités et les revirements au sein de l’équipe… et l’oblige à abandonner peu à peu sa naïveté. Culte de l’image, retournements de veste, attrait du pouvoir, coups bas et éléments de langage, tous les poncifs du milieu y passent mais sans manichéisme et sans vouloir faire passer le message du « tous pourris ». J’ai aimé ce film qui m’a fait sourire (ou grincer des dents ?) et qu’on ne peut pas regarder sans faire des comparaisons avec la vraie vie !

Et pour finir j’ai vu Thunder Road de Jim Cummings. Le film démarre sur un long plan-séquence au cours duquel on hésite entre le rire et les larmes. Le ton est donné ! Le héros, un flic texan, nous emmène dans une Amérique vacillante, tout comme l’est sa vie professionnelle, familiale et psychologique. Il est accablé par le deuil, son divorce, les difficultés scolaires de sa fille, l’overdose de son ex femme et par son boulot auquel il est complètement dévoué. Et il pète les plombs… Sa vie est un cauchemar éveillé mais aussi une ode à l’espoir. La résilience n’est jamais loin, les moments de lucidité existent malgré tout. Et en plus du bon moment cinématographique que j’ai passé j’ai aussi découvert cette chanson de Bruce Springsteen qui donne son titre au film et dans laquelle il est question d’une ville pleine de perdants qu’il faut fuir pour gagner. S’il ne fallait voir qu’un film parmi ceux qui ont fait mon mois de septembre je vous conseillerais Thunder Road, assurément !

Ma (toute petite) revue ciné de mars

Le mois de mars a filé, littéralement. Au début de ma période de chômage je pensais que j’aurais plein de temps pour mes loisirs et pour aller au ciné en particulier. Mais il s’avère qu’un emploi du temps ça se remplit vite, même quand on ne va pas au bureau. Bref, tout ça pour dire que je n’ai vu qu’un film en mars !

J’ai vu Miss Sloane de John Madden. C’est l’histoire d’une lobbyiste qui, après avoir travaillé pour un groupe de pression en faveur du port d’armes, s’est ralliée au lobby qui soutient la régulation de la vente d’armes ; ce qui lui aura valu un procès face à son ancien employeur. Le film plonge le spectateur dans un univers froid et sans pitié où la pression et la tension règnent en maître. On suit les manipulations d’Elizabeth Sloane (y compris à l’égard de ses propres collaborateurs) mais aussi celles des hommes politiques, des lobbyistes concurrents et des dirigeants de grandes entreprises et il semblerait que tout soit permis pour parvenir à ses fins. Intimidations, chantage, abus de confiance sont les armes de tout ce petit monde… Le film est centré sur le personnage d’Elizabeth, une femme autoritaire et glamour, odieuse et poignante, et l’interprétation de Jessica Castain (que j’ai enfin découverte, mieux vaut tard que jamais, hein !) est parfaite. J’ai aimé cette incursion dans les hautes sphères de Washington et le contrôle et la maîtrise d’Elizabeth qui s’oppose à la corruption et au pouvoir des hommes. Cette femme peu ou pas sympathique force tout de même l’admiration de par sa détermination (elle ne vit que pour son métier) et sa capacité à mener le jeu dans cette guerre d’influence. Cette lobbyiste est une solitaire à l’allure glaciale et toujours impeccable, droguée aux amphétamines, narcissique mais surtout, surtout, conquérante.