Poésie et mini moto

Je suis la carrière de Julien Doré de loin, par petites touches, presque timidement mais toujours avec bonheur et curiosité. Un peu comme on picore un délicieux dessert, histoire de faire durer le plaisir.

J’avais acheté mon billet pour ce concert en octobre, en me disant que d’ici le mois de mars j’aurais le temps de me plonger dans &, le nouvel album du blondinet. Mais je n’en ai rien fait et j’ai découvert les nouvelles chansons le soir du concert, tout simplement.

Le spectacle est un mélange de poésie musicale et visuelle. La mise en scène est sobre et tellement marquée à la fois. Elle repose sur un décor simple et apaisant où défilent des images du film Histoire d’& qui a accompagné la sortie de l’album. On est immédiatement plongé dans un univers clairement identifié et identifiable.

Julien Doré c’est un doux mélange de poésie, d’accent nîmois, de cheveux longs, de ukulélé et de mélodies efficaces. J’ai bel et bien retrouvé tous ces ingrédients l’autre soir. Pas de tromperie sur la marchandise !

Outre la musique, j’ai adoré les moments d’échange, les tendres gestes de la main (qui m’ont furieusement fait penser à quelqu’un que j’aime), les histoires de cumulo-nimbus et de pistils (absolument !), cet univers décalé et dandy qui reflètent une belle personne, sensible et sensuelle.

J’ai adoré aussi la danse avec le piano, les sauts survoltés et la sortie en mini moto que seuls les spectateurs qui sont restés pour le rappel ont vu ! Eh oui les filles, fallait rester jusqu’à la fin du concert. A vouloir sortir du parking le plus rapidement possible vous avez raté le beau casque bronze et le bruit du moteur de la mini moto ! Sans compter les jambes nues du garçon. Oui, oui, on a bel et bien vu Julien Doré en boxer !

J’en ai donc pris plein les oreilles et les yeux l’autre soir. Et depuis & tourne en boucle dans mon salon ou dans ma voiture ! Un peu de douceur dans notre monde n’est jamais de refus.

La citation de la semaine # 22

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Mon rapport à la littérature me chagrine actuellement…

Hier encore je disais à une amie que je ne parviens pas à me plonger dans un roman, que je suis incapable d’aller au-delà de deux phrases, qu’il est difficile de m’extraire de la réalité et d’entrer dans une histoire… Lire me demande trop d’efforts, des efforts que je me sens incapable de faire, et ce depuis le décès de mon père. Et ça me rend triste. Et ça ne s’est pas arrangé depuis le décès de ma grand-mère…

Ca me rend triste parce que ça signifie que le deuil accapare encore trop mon esprit, qu’il domine un peu trop ma vie.

J’ai tellement hâte de retrouver le plaisir d’entrer dans d’autres univers, de découvrir d’autres sensibilités et de ressentir ce supplément de vie qu’apporte la littérature dans l’existence de tout un chacun.

Grâce et sensualité

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Je vais rarement à l’opéra et c’est bien dommage car à chaque fois que j’assiste à un spectacle c’est un vrai plaisir. Cette fois j’ai été attirée par le nom en haut de l’affiche, à savoir Benjamin Millepied, mais si vous savez, le danseur et chorégraphe qui a travaillé sur Black Swan et qui a rencontré sa femme, l’actrice Natalie Portman, à cette occasion. Bref.

Without est une suite de 15 morceaux alliant classicisme et modernité. Cinq couples qui se forment et se déforment se partagent la scène. La couleur des costumes relie l’homme et la femme jusqu’à la fin, quand une femme se retrouve seule, abandonnée. J’ai trouvé ce spectacle trop long, il ne m’a pas emballée. La mise en scène était peu intéressante et les costumes simplistes…

Gemini, le spectacle suivant, allie la danse à la prouesse athlétique. Les justaucorps des danseurs nous plongent dans l’univers de la gymnastique mais les codes de la danse sont bel et bien là, le travail de pointes étant tout à fait remarquable. J’ai été impressionnée par la fluidité et la légèreté des mouvements malgré les difficultés techniques évidentes. Les danseurs ont beaucoup transpiré, nous rappelant qu’ils sont de grands sportifs même si tous leurs efforts sont sublimés par la grâce et la maîtrise. J’ajoute que la mise en scène était super, agrémentée par de la vidéo graphique. J’adore !

Pour finir, Untouched nous emmène dans un univers étrange, presqu’animal. Les danseurs évoluent partiellement derrière un rideau, émettent des sons, claquent des mains. J’ai aimé cette mise en scène simple mais néanmoins originale ainsi que les costumes qui magnifient les mouvements des danseurs, révélant une immense volupté.

A l’issue de ces 2 heures de spectacle mis en scène par 3 chorégraphes différents (bonne idée !), les danseurs ont été très applaudis et ce n’est que justice car il nous ont procuré de belles émotions et nous ont littéralement ravis par leur talent et leur passion. Bravo à eux !

Beau oui comme Bowie

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2 ans ! Ca faisait 2 ans que j’attendais que l’expo David Bowie Is débarque en France ! Alors gare au prochain qui dira que la patience n’est pas une de mes qualités !

Après tout ce temps c’est donc avec un immense plaisir que je suis allée à la Philarmonie de Paris ouverte il y a 2 mois mais dont les travaux ne sont pas terminés. J’en veux pour preuve la présence d’ouvriers sur le site samedi dernier.

Après 1h30 dans la file d’attente (oui, encore de l’attente…) les portes de l’univers de David Bowie se sont ENFIN ouvertes devant moi.

L’exposition est une plongée dans les archives personnelles de David Bowie composées de manuscrits, costumes, vidéos, photos, disques conservés par l’artiste tout au long de ses 50 ans de carrière.

Le parcours de cet artiste cultivant son image nourrie d’art, de mode ou encore de cinéma et aux idées avant-gardistes est retracé au fil de ses multiples métamorphoses. L’ambiguïté sexuelle est très présente : fille ou garçon ? homo ou hétéro ? androgyne à coup sûr ! Et puis David Bowie aime à se prendre pour un extraterrestre. J’adore !

J’ai été frappée par le soin apporté par David Bowie aux pochettes de ses albums, par son génie visionnaire, sa maîtrise de la métamorphose et de l’outrance, par le talent complet de l’artiste qui signe les paroles, la musique, la production et l’image de ses chansons et de ses clips et qui sélectionne  avec soin les couturiers à qui il confie la création de ses tenues de scène. J’ai adoré le style glam-rock, le fait que le corps soit un spectacle à lui tout seul dans cet univers à la fois riche, varié et finalement cohérent. Pour David Bowie sa musique doit ressembler visuellement à la manière dont elle sonne. Eh bien on peut dire qu’il excelle dans cet exercice.

J’ai été particulièrement touchée par une série de photos de David Jones bébé, par un cliché pris par la police américaine lors d’une arrestation. J’ai aussi adoré le fameux manteau Union Jack créé par Alexander Mc Queen ou le costume de scène en forme de disque vinyl conçu par Kansai Yamamoto pour la tournée Aladdin Sane.

Casque audio sur les oreilles, j’ai déambulé avec plaisir au milieu des quelque 300 objets exposés, au son de titres connus ou moins connus. Quelle bonne idée cette immersion par le son ! Et le final dans la dernière salle où sont projetés des extraits de concerts sur un écran géant 3D est tout simplement enivrant.

Pour la petite histoire, on appelle la photo de l’affiche de l’expo la Mona Lisa de la pop. Je trouve ça parfaitement trouvé, à la mesure de la notoriété du beau David Bowie !