Il y a 3 ans, comme si c’était hier

Il y a des dates comme ça, des dates qu’on n’oubliera jamais. Il y a des dates qui laissent des souvenirs indélébiles dans la mémoire collective. Et dans la mémoire de chacun.

Dans cette catégorie il y avait le 11 septembre 2001. Je me souviens très bien de ce jour, de ce que je faisais, avec qui j’étais, le temps qu’il faisait.

Puis il y a eu le 7 janvier 2015 qui a retenti comme une sorte de 11 septembre français. Suivi du 13 novembre de la même année…

Comme les victimes des attentats du 13 novembre 2015 j’étais en train de prendre un verre, avec un ami, dans un bar. A Strasbourg. Le week end avait bien commencé ce vendredi soir là. Il faisait doux, mais on n’était pas en terrasse. On profitait de notre temps libre après une semaine de travail, on parlait de photo. D’art. De belles choses.

Et puis quelque chose a basculé. Comme on le fait souvent, on a machinalement consulté quelques pages sur nos smartphones et là… l’incrédulité a remplacé notre insouciance. Presque instinctivement on a compris que quelque chose de grave se jouait à Paris même si on n’avait encore que des bribes d’info. Mon ami a contacté des personnes qu’il savait être dans la capitale. Il avait besoin de savoir que ses connaissances allaient bien.

Moi j’ai eu un appel de mon amant qui venait d’atterrir à CDG, de retour d’un déplacement pro aux Etats-Unis. En fait c’est lui qui m’a dit que c’était le bordel à Paris. Il a été la première personne connue qui m’a parlé de l’ambiance qui régnait là-bas. Au creux de l’oreille. Je me souviens qu’on ne savait pas trop quoi se dire (et qu’on n’avait pas beaucoup de temps pour discuter, comme trop souvent…) mais ces quelques mots ont imprimé ma mémoire à jamais. Et j’avais le sentiment de vivre un moment très particulier.

La suite de la soirée n’a plus du tout eu la même saveur, nos cocktails non plus… Et les jours suivants, j’ai pleuré. Pleuré pour Paris qu’on avait attaquée et blessée. Une part d’insouciance a disparu en moi suite à ces événements, c’est certain, mais pas mon amour pour la France et tout ce qui fait sa beauté et sa grandeur, et plus particulièrement pour amour pour Paris car sa vie continue, toujours aussi inspirante et inspirée.

Dans ma vie intime, mon amant est retourné à sa vie d’homme marié d’avant mais il est toujours dans mon coeur. Aucun jour ne passe sans que je ne pense à lui. Ce qui s’est écrit ce soir de novembre m’a marquée à jamais, à l’image de la France.

Mon amour pour Paris est éternel, tout comme l’est celui pour mon amant.