Entre Seine et Vltava d’Anne Delaflotte Mehdevi et Lenka Hornakova Civade

Ce livre regroupe des lettres, des cartes postales et des mails échangés par Anne, la Française qui habite à Prague et Lenka, la Tchèque qui réside en France alors qu’elles s’étaient rencontrées à l’aéroport de… Londres !

Anne s’est installée à Prague avec son mari américain (et admirateur de Vaclav Havel) qui souhaitait y ouvrir une librairie internationale, au coeur de l’Europe. Lenka a suivi des cours aux Beaux-Arts à Paris et son mari est français.

Le livre est un regard croisé sur la République Tchèque, un tout nouveau pays, et la France. Les deux femmes évoquent leur apprentissage de la langue de l’autre et s’interrogent sur leur relation à leur propre langue, à leur propre pays. Il est beaucoup question de la confusion que génère le fait de vivre dans un autre pays que le sien, de la notion de chez soi qui devient floue. Anne, dont les enfants sont nés en République Tchèque se demande s’ils sont plutôt pragois ou plutôt franco-américains. Lenka, qui souhaite écrire un livre, se demande quant à elle si elle saura le faire en tchèque !

Anne et Lenka se racontent leurs découvertes de la vie quotidienne à l’étranger. Des choses aussi anodines que la bise, la maîtrise de la vinaigrette (oui, oui !) ou la possibilité d’acheter des fruits ont surpris Lenka. Quant à Anne, elle a été choquée par la manière dont le vol est considéré en République Tchèque ou par le fait que les vendeuses pragoises fassent la gueule par principe.

Et puis les femmes évoquent les couleurs de « leurs » villes et notamment le gris que Lenka trouve joli dans la capitale française. Et elles parlent aussi de l’art de recevoir qui n’existe pas en République Tchèque parce qu’on se méfiait de tout le monde pendant la période communiste dont il reste quelque chose, même après la chute du régime.

J’ai aimé ce livre qui nous plonge dans un passé récent et tellement lointain à la fois, évolution géopolitique oblige. En fait, il m’a beaucoup plus plu sur le fond que sur la forme. En effet, bien que l’écriture soit simple j’ai mis des mois (oui, absolument…) à venir à bout de ces 240 pages… J’ai eu du mal à me plonger dans ces écrits courts et juxtaposés.

Mais du côté du fond, donc, rien à redire, le livre aborde des thèmes intéressants. Outre celui de la langue (maternelle ou pas), du sentiment d’appartenance et de la découverte d’une autre société que j’ai évoqués plus haut, il est aussi question au fil des pages de l’habitude qui érode l’imagination, du regard sur son environnement, du fond et de la forme ou encore du parisianisme.

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