« Chérie, je vais à Charlie » de Maryse Wolinski

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Peu après les attentats de janvier 2015 j’avais été impressionnée par la force de Maryse Wolinski. Elle était l’invitée de Thé ou café (oui je regarde parfois des émissions de vieux !) et témoignait avec tellement de calme, de sensibilité et même de joie que j’en étais restée bouche bée. Alors, quand son livre est sorti il y a quelques temps je me suis empressée de l’acheter, remplie d’une envie de retrouver la force de cette femme au travers de l’écrit cette fois.

Maryse Wolinski fait le récit de l’attaque dans les locaux du journal en se basant sur les témoignages de ceux qui ont réchappé à la tuerie, ceux qu’on a appelé les survivants. Elle se demande pourquoi le dispositif de protection a été allégé alors qu’une fatwa avait été lancée contre Charb par une branche d’Al Qaïda en 2013. Elle constate la désorganisation de la lutte anti-terroriste et regrette de ne pas avoir été informée du décès de son mari par les autorités.

Elle raconte aussi sa vie avec Georges. Et sa vie sans lui. Elle emmène le lecteur dans l’intimité de son couple où les regards étaient si importants. Elle évoque la récente morosité du dessinateur mais aussi leur projet de déménagement et la jolie habitude qu’avait Georges de lui laisser des mots ça et là. Et puis elle parle de sa douleur, du déni, de sa colère et de sa révolte. Et de son chagrin bien sûr. Un chagrin qui, elle l’a décidé, ne l’empêchera pas de vivre. Elle se souvient que Georges lui a appris la tolérance, la liberté et le rire de résistance.

J’ai lu ce livre d’une traite, portée par la beauté des personnes que sont Georges et Maryse Wolinski. Le regard de cette femme sur la vie en général et sur ce qu’elle doit en faire maintenant m’a touchée. Le regard est d’ailleurs quelque chose de très important dans l’histoire de ce couple ; il en est question du début à la fin du livre. C’est quelque chose qui m’a beaucoup parlé et que j’ai parfaitement compris (sans doute parce que je pense être transparente aux yeux de certains, parfois, et que j’en souffre).

Ce que dit la 4è de couverture : « Chérie, je vais à Charlie : tels sont les derniers mots que Georges m’a lancés, en ce matin du 7 janvier. Trois heures plus tard, l’attentat fera douze morts. Parmi eux, Georges, frappé par quatre balles de Kalachnikov. Quarante-sept années de vie commune fracassées. J’oscille entre insomnies et cauchemars, sidération et déni, enfermement et colère, obsédée par cette question : comment une scène de guerre a-t-elle pu se produire, en France, dans les locaux d’un journal satirique ? Puisant ma force dans le chagrin, j’ai cherché à comprendre, à travers le récit de cette journée du 7 janvier 2015 et de ses suites, où se trouvaient les failles. De cette quête, je suis sortie anéantie. Désormais je suis celle qui va. »

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