Le boucher d’Alina Reyes

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Je démarre mon année littéraire avec un roman érotique. Une fois n’est pas coutume !

L’histoire est simple. Au cours d’un été une étudiante des Beaux-Arts occupe un emploi de caissière dans une boucherie et y côtoie un homme qui parle de sexe toute la journée. Il chuchote à l’oreille de la jeune fille, fait naître et monter le désir en lui et en elle, jusqu’au passage à l’acte. Passage à l’acte qui est magnifiquement évoqué par le biais d’une scène sous la douche, à la fois tendre, pleine de désir et bestiale.

Ce roman est court et se lit très rapidement. L’écriture, à la fois crue et pleine de poésie a quelque chose d’envoûtant. Les sensations ainsi que la complexité et la violence du désir et de l’amour sont parfaitement évoquées et toujours sans vulgarité. La délicatesse n’est jamais loin, même dans les passages les plus explicites.

J’ai aimé le contexte qui mêle chair humaine et chair animale. Il est porteur d’une esthétique charnelle incontestable et accentue les sensations de vie et de mort.

Ce que dit la 4è de couverture : « La chair du boeuf devant moi était bien la même que celle du ruminant dans son pré, sauf que le sang l’avait quittée, le fleuve qui porte et transporte si vite la vie, dont il ne restait ici que quelques gouttes comme des perles sur le papier blanc. Et le boucher qui me parlait de sexe toute la journée était fait de la même chair, mais chaude, et tour à tour molle et dure ; le boucher avait ses bons et ses bas morceaux, exigeants, avides de brûler leur vie, de se transformer en viande. Et de même étaient mes chairs, moi qui sentais le feu prendre entre mes jambes aux paroles du boucher. »