La grâce face à l’horreur

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Quelques jours après les attentats du 13 novembre j’ai passé une douce soirée à l’Opéra National du Rhin, histoire de mettre un peu de grâce et de légèreté dans une ambiance générale tendue, voire anxiogène.

Le sacre du printemps de Stravinsky est une oeuvre qui avait été jugée sulfureuse lors de sa création en 1913. Cet aspect est presque exagérément mis en lumière par la chorégraphie de Stephan Thoss. Les corps des danseurs sont en effet particulièrement exposés et ce sur une musique qui va crescendo, répétitive et lancinante, rendant les tableaux quasi hypnotiques.

Les costumes extrêmement sobres et les décors en acier, froids, ajoutent une touche d’animalité (ou de brutalité ?) aux corps et aux gestes. Bref, l’effet sur le spectateur est fort, très fort !

J’ai beaucoup aimé les chorégraphies de groupe, un peu moins les passages en solo ou en duo. Sans vraiment savoir pourquoi. Mais globalement ce ballet a confirmé mon admiration pour les danseurs, ces artistes si humbles et à la maîtrise de leur corps si parfaite. Et qui méritent amplement les salves d’applaudissements auxquels ils ont eu droit.